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Tchad – Sénégal : Hissène Habré se dit victime d’un « complot » mené par la France et la Libye

Hissène Habré se dit victime d'un complot visant à l'éliminer.

Hissène Habré se dit victime d'un complot visant à l'éliminer. © AFP

L’ancien président tchadien Hissène Habré, qui réside toujours au Sénégal, s’est dit "d’accord" pour se présenter devant "une justice internationale indépendante" si d’autres responsables tchadiens comparaissent également. Il affirme que l’expulsion du Tchad à laquelle il vient d’échapper est un complot ourdi par la France et la Libye.

Après avoir échappé de justesse à une expulsion vers le Tchad, le pays qu’il a dirigé pendant 8 ans, Hissène Habré sort du silence et s’exprime dans une interview à l’hebdomadaire sénégalais La Gazette, publiée jeudi.

Théorie du complot

D’après lui, l’expulsion vers le Tchad dont il a failli être victime (le Sénégal, où il réside, avait annoncé la semaine dernière qu’il serait transféré avant de se raviser quelques jours plus tard) est un « complot visant [son] élimination physique ». Selon lui, la France et la Libye (deux pays pourtant en guerre depuis 4 mois) l’auraient organisé.

Kadhafi chercherait « coûte que coûte à se venger […] parce qu’il a perdu dans sa politique d’annexion et d’hégémonie » sur le Tchad. Il estime par ailleurs que la France est « pleinement » impliquée dans cette affaire car « les colonialistes et les néo-colonialistes ont la haine tenace ».

Au milieu de ses accusations, Hissène Habré semble toutefois faire quelques concessions. Il se dit ainsi « totalement consentant […] totalement d’accord [pour] qu’on organise une justice internationale indépendante, selon les normes du droit et que tous les Tchadiens à qui on reproche quelque chose viennent se présenter devant cette juridiction. Y compris Hissène Habré, y compris les anciens présidents du Tchad ».

Mais la mesure d’expulsion à laquelle il a échappé consiste à « choisir un homme sur des bases tout à fait politiques, pour des intérêts économiques et financiers, chercher à l’éliminer et utiliser une couverture juridique », ce qui « n’est pas sérieux ».

« Sous mon régime, il y a eu des bavures »

Sur le fond de ce qui lui est reproché, l’ancien président affirme que « dans le volumineux dossier constitué » contre lui en Belgique (qui souhaite obtenir son extradition pour le juger), « vous ne trouverez nulle part quelqu’un dire que Hissène Habré l’a torturé », même si concède-t-il : « Je ne nie pas que sous mon régime, il y a eu des choses ou ce qu’on appelle des bavures ».

Mais il n’est pas le seul, affirme-t-il. Lors de l’intervention de la Libye et de la France au Tchad, « des Libyens ont massacré des milliers de Tchadiens, ont déporté de jeunes tchadiens chez eux, les ont réduits en esclaves […] Les Français eux-mêmes ont tué, violé, massacré, empoisonné des puits, bombardé notre bétail et tué des Tchadiens par centaines ». « Pourquoi ne doivent-ils pas répondre de leurs crimes devant la justice? », s’interroge Hissène Habré.
« Au Tchad, il y eu onze tendances politico-militaires à qui on ne reproche rien », dit-il. « A l’époque de (François) Tombalbaye (premier président du Tchad de 1960 à 1975), tout s’est passé au Tchad ». Quand à l’actuel président tchadien, Idriss Déby Itno (dont il fut proche), il « règne par la terreur » à N’Djamena. (avec AFP)
 

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