Politique

Algérie: début du procès des assassins présumés de Lounès Matoub

Des manifestants brandissent le portrait de Lounès Matoub, le 3 mai 2001 à Alger © AFP

Le procès de deux auteurs présumés de l'assassinat en 1998, en pleine décennie noire, du célèbre chanteur kabyle Lounès Matoub débute lundi devant le tribunal criminel de Tizi Ouzou, à 110 km à l'est d'Alger.

C’est lundi que doit s’ouvrir devant le tribunal criminel de Tizi Ouzou, à 110 km à l’est d’Alger, le procès de deux assassins présumés du célèbre chanteur kabyle Lounès Matoub, assassiné en 1998.

Malik Madjnoun et Abdelhakim Chenoui sont accusés d’avoir participé à l’attentat contre Lounès Matoub perpétré par un groupe de dix personnes, dont huit sont en fuite ou ont été tuées par les forces de sécurité. En prison depuis douze ans, ils clament depuis toujours leur innocence. Leur procès s’annonce tendu et très politique.

Porte-drapeau de la culture et de l’identité berbères, Lounès Matoub a été assassiné à 42 ans le 25 juin 1998, en pleine décennie noire en Algérie, à 5 km de Tizi-Ouzou. Très engagé contre le pouvoir algérien, Lounès Matoub avait beaucoup d’ennemis. Sa mort est officiellement attribuée aux islamistes, mais de nombreuses voix s’élèvent pour accuser les militaires et le pouvoir d’avoir ainsi fait disparaître un de leurs principaux opposants.

L’audition de Hassan Hattab demandée

Une thèse partagée par les défenseurs de Malik Madjnoun et Abdelhakim Chenoui. « Nous allons demander l’acquittement, car il n’existe aucune preuve matérielle de leur culpabilité », a déclaré à l’AFP un de leurs avocats, Me Amine Sidhoum.

« Mieux encore, lors du complément d’enquête, (…) sept témoins ont déclaré que les accusés ne se trouvaient pas sur les lieux du crime au moment des faits », a-t-il indiqué. « Le premier était chez lui et le second dans une poissonnerie », a poursuivi Me Sidhoum.

Malika Matoub, la soeur du chanteur, qui représente la partie civile a demandé la convocation de soixante-quinze témoins dont l’actuelle ministre de la Culture, Khalida Toumi, ainsi que Saïd Sadi, le président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, parti d’opposition), notamment pour avoir déclaré que l’attentat avait été perpétré par des islamistes.

Elle a également demandé que soit entendu Hassan Hattab, ex-chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), qui a revendiqué l’assassinat en mai 1999. Hattab s’est rendu en octobre 2007 aux autorités et a été placé depuis en « lieu sûr ».

Vers un retrait de la partie civile ?

L’assistant du procureur général a cependant indiqué, le 26 juin, qu’il refusait de répondre favorablement à cette demande. Mais pour la partie civile, le procès n’a, dans cette configuration, pas lieu d’être.

Malika Matoub aurait déclaré qu’elle « n’était pas concernée par ce procès tant que la justice n’acceptait pas ses demandes en tant que partie civile », rapporte le quotidien arabophone El Khabar.

Elle pourrait ainsi se retirer. Dans ce cas de figure, il appartient au juge de décider de reporter ou de poursuivre le procès, a indiqué une source judiciaire à l’AFP.

Le procès a déjà été reporté à trois reprises, en 2000, 2001 et 2008, à la demande de la famille du chanteur pour permettre un complément d’enquête et une reconstitution du crime.

(Avec AFP)

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