Politique

Tunisie : un enfant tué lors de manifestations à Sidi Bouzid

Un enfant de 14 ans a trouvé la mort dans la nuit de dimanche à lundi, lors de la dispersion d’une manifestation par les forces de police à Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie.

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Mis à jour le 18 juillet 2011 à 13:38

Heurts entre manifestants et forces de police, le 15 juillet 2011 à Tunis. © AFP

Mis à jour à 14h39

Le « ricochet d’une balle » a tué un garçon de 14 ans, alors que la police dispersait une manifestation à Sidi Bouzid, en Tunisie. C’est ce qu’a annoncé l’agence de presse officielle TAP lundi, relayant les propos de Samir al-Meliti, le chef de la police de la ville.

Les violences ont eu lieu à Sidi Bouzid en fin de soirée, dimanche, et se sont calmées tard dans la nuit, selon les propos d’un syndicaliste de la ville, Ali Zarai. Après avoir été la cible de cocktails Molotov lancés par les manifestants, les forces de l’ordre ont ouvert le feu.

« Les gens de Sidi Bouzid sont en colère. Six mois après la révolution, ils n’ont toujours rien vu et manifestent contre le gouvernement de Béji Caïd Essebsi », a déploré le syndicaliste.

Selon un responsable associatif, Adib Issaoui, un groupe de 200 à 300 jeunes, à l’origine des manifestations, qui, d’après lui, n’avaient rien de spontané, se serait rassemblé dimanche soir vers 23h (22h GMT) devant l’université Bourguiba. « Ils ont jeté des pierres en direction des policiers », a-t-il relaté.

« Les habitants de Sidi Bouzid sont sous le choc. On n’avait pas vu une telle violence depuis la révolution », a ajouté Adib Issaoui, s’inquiétant de possibles manœuvres politiques.

Deux blessés graves

L’adolescent, Thabet Belkacem, a été transporté à l’hôpital, mais il était déjà décédé à son arrivée. Son corps a été transféré au service médico-légal de Sfax, a indiqué une source médicale de Sidi Bouzid. Deux autres personnes auraient été gravement blessées lors des affrontements de la nuit. L’une d’entre elles, particulièrement atteinte, se trouverait également à l’hôpital de Sfax, selon cette même source.

La TAP a annoncé l’arrestation de neuf personnes dans cette ville où a commencé, à la mi-décembre, le soulèvement populaire à l’origine de la chute de l’ex-président Ben Ali, le 14 janvier.

Les manifestations violentes secouent depuis quelques jours plusieurs villes de Tunisie, parmi lesquelles Tunis, Menzel Bourguiba (Nord), Sfax et Kairouan (centre). Le ministère de l’Intérieur a dénoncé des incendies de postes de police et accusé certaines forces extrémistes de vouloir déstabiliser le pays.

Le Premier ministre tunisien va s’exprimer sur le sujet dans la journée et présenter par ailleurs une feuille de route gouvernementale pour les trois mois restants avant les élections de l’Assemblée constituante, prévues le 23 octobre.

(Avec AFP)