Droits de l’homme

Côte d’Ivoire : 100 jours après sa chute, quelle justice pour le camp Gbagbo ?

Les détenus de Bouna, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, forcés à faire des pompes. © YouTube

Laurent Gbagbo et la plupart de ses anciens proches sont détenus dans le nord du pays dans des conditions mal connues. Certains, à l’image de l’ancien président ivoirien, ne sont toujours pas inculpés. Alassane Ouattara vient d’instaurer une commission d’enquête nationale sur les exactions commises pendant la crise postélectorale.

La séquence rend les supporters de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo fous de rage. Dans une vidéo de cinq minutes, on voit son fils Michel Gbagbo, l’ancien chefs de son parti, Pascal Affi N’Guessan et d’autres détenus, forcés à faire des pompes par leurs geôliers à Bouna (Nord-Est), où il sont, théoriquement, en résidence surveillée.

Voir la vidéo

Le gouvernement d’Alassane Ouattara ne nie pas l’authenticité de la vidéo, mais affirme qu’elle « remonte aux premiers jours après leur arrivée ». « L’ambiance était malsaine, reconnait le ministre des Droits de l’homme, Gnénéma Coulibaly. Depuis que le gouvernement a « attiré l’attention sur la situation des droits de l’homme », « ils sont bien traités », affirme-t-il.

Comme eux, Laurent Gbagbo lui-même et son épouse, Simone, ont été placés en résidence surveillée sans qu’une accusation leur soit notifiée.

Il s’agit d’une mesure « administrative » pour parer d’éventuelles « menaces », assure Gnénéma Coulibaly. « Le président de la République tient à ce que la situation de ces personnes-là soit rapidement déterminée », ajoute-t-il.

La CPI pour Gbagbo ?

Pour le cas Laurent Gbagbo, le gouvernement Ouattara espère toujours pouvoir le confier à Cour pénale internationale (CPI). « si Laurent Gbagbo est jugé en Côte d’Ivoire, on parlera toujours d’une justice aux ordres », justifie un conseiller d’Alassane Ouattara. La CPI a signé un accord de coopération judiciaire avec la justice ivoirienne, mais n’a pas encore ouvert d’enquête officielle. Quant au procureur de la République d’Abidjan, Simplice Kouadio Koffi, il assure attendre l’autorisation du Conseil constitutionnel pour inculper formellement l’ancien président.

Sous couvert d’anonymat, un responsable d’ONG dénonce le flou de ces détentions « administratives », assimilées à des « limbes juridiques » : « on n’a pas la liste officielle des personnes détenues » qui n’ont ni « droit de la défense » ni « droit de visite » déplore-t-il.

L’ex-Premier ministre Gilbert Aké N’Gbo et l’ancien gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) Philippe-Henri Dacoury-Tabley, eux, ont été inculpés d’atteinte à la sûreté de l’État ou d’infractions économiques. Avec une vingtaine d’autres personnalités, ils ont récemment été transférés de l’hôtel de la Pergola, à Abidjan, à la prison de Boundiali (Nord), comme l’avait révélé jeuneafrique.com.

En marge du processus judiciaire, le président Alassane Ouattara vient d’ouvrir une commission nationale d’enquête sur les violations des droits de l’homme survenues durant la crise. Elle aura six mois pour rendre conclusions et « recommandations ». 

(Avec AFP)

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