Société

Guinée : Une information judiciaire ouverte après l’attaque du président

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Mis à jour le 22 juillet 2011 à 15:43

Une information judiciaire a été ouverte après l’attaque à l’arme lourde menée dans la nuit de lundi à mardi contre le domicile du président guinéen Alpha Condé, à Conakry.

Une quarantaine de militaires ont été interpellés depuis l’attaque lancée mardi à Conakry contre le domicile du président Alpha Condé. Et la liste des chefs d’accusations est longue : « association de malfaiteurs, attentat contre la sûreté de l’État, assassinat sur la personne d’un des gardes du corps du président de la République, tentative d’assassinat » du chef de l’État, « détention illégale d’armes de guerres et de munitions, détention et consommation de drogue, destructions d’édifices et de biens mobiliers, et complicité », a détaillé William Fernandez, avocat général du parquet de Conakry.

Les premières investigations ont également permis la saisie de « trois véhicules 4×4, une importante quantité de munitions, des fusils mitrailleurs, des lance-roquettes, des lunettes infrarouge, des tenues militaires et gilets pare-balles, une importante quantité de drogue, des talismans et des gris-gris », selon l’avocat général.

Les personnes mises en cause « jouiront de tous leurs droits conformément aux dispositions du code de procédure pénal sur les droits à la garde à vue, les droits à un conseil, les interrogatoires, la détention préventive et tous autres droits découlant des instruments internationaux ratifiés par la Guinée », a affirmé M. Fernandez.

Affaire hautement politique

« Le parquet général tient à rappeler que cette affaire relève strictement de la compétence des autorités judiciaires et rassure tout un chacun » qu’elle « connaîtra un traitement indépendant » dans « le strict respect des lois en vigueur », a ajouté l’avocat général du parquet de Conakry.

La question est sensible en effet puisque la plupart des personnalités arrêtées sont des proches du général Sékouba Konaté, président pendant la transition de 2010, et du capitaine Moussa Dadis Camara, qui a dirigé la junte militaire au pouvoir en Guinée de fin 2008 à fin 2009.

Parmi les interpellés, plusieurs sont des hauts gradés, comme le général Nouhou Thiam, ex-chef d’état-major des forces armées du régime de transition de Sékouba Konaté, limogé par Alpha Condé peu après sa prise de fonctions en décembre 2010.

(Avec AFP)