Politique

Affaire Habré : le Tchad favorable à une extradition vers la Belgique

| Par Jeune Afrique
Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005.

Hissène Habré quitte le tribunal de Dakar, le 25 novembre 2005. © AFP

Dans le long combat pour faire juger l’ancien président tchadien Hissène Habré, actuellement réfugié au Sénégal, le gouvernement tchadien a annoncé vendredi qu’il demandait à l’Union africaine de privilégier l’option d’une extradition vers la Belgique.

Nouvel épisode du feuilleton Hissène Habré : le gouvernement tchadien a annoncé vendredi que l’extradition vers la Belgique de l’ancien président tchadien, actuellement réfugié au Sénégal, lui semblait la solution « la mieux adaptée ».

« Le droit légitime des victimes à la justice et le principe de rejet de l’impunité consacré par l’Acte constitutif de l’Union africaine conduisent le gouvernement tchadien à demander que soit désormais privilégiée l’option de l’extradition de Hissène Habré vers la Belgique pour y être jugé », indique un communiqué signé du secrétaire d’État aux Affaires étrangères Mahamat Bechir Okoromi.

Le Tchad estime que « cette option envisagée parmi d’autres par l’Union africaine est la mieux adaptée à la situation », peut-on lire dans ce communiqué.

Cette position a été officiellement notifiée par le ministre tchadien des Affaires étrangères, Moussa Faki Mahamat, au vice-président de la Commission de l’Union africaine (UA), lors d’une rencontre, le 21 juillet, à Addis-Abeba (Éthiopie). Les autorités tchadiennes transmettront le même message au président en exercice de l’UA (le chef de l’État équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema) et aux autorités belges dans les jours à venir.

L’ancien dictateur tchadien, au pouvoir de 1982 à 1990, est accusé de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Il vit à Dakar depuis sa chute en 1990. Le Sénégal, qui avait accepté en 2006 de le juger à la demande de l’UA, n’a jamais organisé le procès.

Après avoir décidé au début du mois de juillet d’extrader Hissène Habré vers le Tchad, le président sénégalais Abdoulaye Wade était revenu sur sa décision le 10 juillet, sous la pression de la communauté internationale.

N’Djamena, qui n’a jamais demandé le retour d’Habré sur son territoire, s’était jusqu’ici abstenu d’affirmer une position claire alors que l’annonce du retour de l’ancien président avait suscité un grand émoi dans le pays. Les victimes militaient majoritairement pour un jugement à l’étranger.

Le ministère belge des Affaires étrangères avait proposé le 10 juillet qu’Habré soit extradé en Belgique : « Tenant compte des intérêts des victimes belges, notre pays a toujours plaidé pour une extradition de Hissène Habré et un jugement en Belgique. » Une demande avait déjà été émise en ce sens en 2005 par le royaume, où des victimes tchadiennes avaient déposé une plainte en 2000.

(Avec AFP)

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