Politique

Algérie : le fils kamikaze d’un des fondateurs du FIS tué par les forces de l’ordre ?

| Par Jeune Afrique
Ali Belhadj, l'ex-numéro deux du Front islamique du Salut, a perdu son fils.

Ali Belhadj, l'ex-numéro deux du Front islamique du Salut, a perdu son fils. © Fayez Nureldine/AFP

Le fils d’Ali Belhadj, ex-numéro deux du Front islamique du Salut (FIS), a été tué lundi par les forces de sécurité algériennes alors qu’il s’apprêtait à commettre un attentat-suicide, a confirmé une source gouvernementale jeudi. Mais sa famille dit ne pas avoir été informée de son décès.

Mis à jour le 28 à 16h15

La nouvelle a été rapportée mercredi par le quotidien Ennahar. Elle a été confirmée jeudi à l’AFP par une source gouvernementale anonyme. Abdelkahar Belhadj, fils d’Ali Belhadj, se préparait à commettre un attentat-suicide à Alger avec deux autres kamikazes lorsqu’il a été tué par les forces de sécurité algériennes.

« C’est confirmé. C’est le fils d’Ali Belhadj qui a été tué. Il y a eu identification par l’ADN du corps du jeune homme », a déclaré la source gouvernementale à propos du fils d’un des fondateurs du Front islamique du Salut (FIS), parti dissous en 1992.

Le jeune homme voyageait avec deux autres individus originaires d’Alger, à bord d’un véhicule bourré d’explosifs, destinés à des attentats qui devaient vraisemblablement être organisés dans la capitale avant le ramadan, début août.

Ils avaient été reprérés lundi en fin d’après-midi par les forces de sécurité, qui avaient sommé en vain le véhicule de s’arrêter avant de tirer dans sa direction. Le véhicule a explosé tuant ses occupants, explique la source anonyme de l’AFP, qui précise que trois militaires ont été blessés

Abdelkahar Belhadj devait se faire exploser « dans un lieu bondé […] au centre d’Alger », expliquait mercredi Ennahar, qui précisait que le second kamikaze devait cibler un bâtiment gouvernemental.

Condamné à mort par contumace

Mais le doute subsiste. « Nous n’avons aucune information relative à la mort d’Abdelkahar Belhadj », a déclaré Abdelhamid Belhadj, le frère d’Ali Belhadj, dont il se dit le porte-parole. « Nous sommes là à la maison, avec Ali Belhadj, et nos téléphones sont ouverts. »

« Les services de sécurité nous ont déjà dit qu’ils nous informeraient en cas de mort. Et nous n’avons reçu aucun appel », a-t-il ajouté.

Abdelkahar, né en 1988, avait disparu en 2006 lorsqu’il avait rejoint Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ali Belhadj avait alors accusé les services de sécurité de l’avoir kidnappé, ce qui avait été démenti. Quelques mois plus tard, le jeune homme réapparaissait sur la chaîne d’information qatarie Al-Jazira. Sa mort avait ensuite été annoncée à plusieurs reprises sans jamais avoir été confirmée.

Celui qui avait pris comme nom de guerre « Mouawia », en référence à l’un des compagnons du prophète Mahomet, avait été condamné à mort par contumace en 2009 par le tribunal algérien de Tizi-Ouzou pour participation à des attentats sanglants.

Son père a passé 12 ans en prison après la suspension du processus législatif de 1991 qui promettait la victoire au FIS, qu’Ali Belhadj  avait fondé avec Abassi Madani. Il a été de nouveau incarcéré en 2005 puis amnistié un an plus tard dans le cadre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale initiée par le président Abdelaziz Bouteflika.

(Avec AFP)

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