Société

Internet Explorer victime d’un vaste canular

Microsoft a lancé le navigateur Internet Explorer en 1995.

Microsoft a lancé le navigateur Internet Explorer en 1995. © AFP

Depuis sa parution le 26 juillet, une étude menée par un mystérieux cabinet de consulting canadien tendant à montrer que les utilisateurs d’Internet Explorer (IE) avaient un QI beaucoup plus faible que la moyenne faisait grand bruit sur la toile. Sauf que tout, du cabinet canadien aux résultats de l’étude, avait été inventé de toutes pièces.

Étudier le quotient intellectuel (QI) d’une personne en fonction du navigateur internet qu’elle utilise, l’idée semblait bien saugrenue. Et pour cause, cette étude n’a jamais réellement vue le jour. Le « hoax » (un canular sur le net) a bel et bien fonctionné prenant dans ses filets plusieurs médias dont le site internet la prestigieuse BBC qui a consacré un article à cette recherche.

ApiQuant, un nom étrange pour une entreprise qui, pourtant, présentait un site internet très convenable laissant croire que cette recherche absurde pouvait être valable : un numéro de téléphone, une adresse à Vancouver disponible sur la page d’accueil, des communiqués de presse et des données statistiques précises sur cette fameuse thèse.

Déficience mentale

La fausse étude prétendait avoir été menée sur 100 000 internautes qui passaient un test de QI en ligne. Les résultats obtenus étaient mis en relation avec le navigateur utilisé. Les personnes surfant sur Chrome, Firefox et Safari obtenaient un score de 100, dit « normal ». Les navigateurs Camino et Opéra présentaient des chiffres incroyables : leurs utilisateurs ayant participé à l’étude avaient une moyenne supérieure à 120… Mais, plus surprenant encore, les utilisateurs d’Internet Explorer étaient décrits comme ayant de sérieuses « difficultés » intellectuelles avec un QI atteignant difficilement 80, soit le score qui fixe la limite avec la déficience mentale…

Les instigateurs du « hoax », n’ont pas hésité à pousser le vice très loin évoquant des menaces de poursuites judiciaires par un mystérieux groupe de soutien à Internet Explorer, auxquelles le pseudo-PDG d’ApiQuant, un certain Leonard Howard, s’était empressé de répondre de manière très cavalière. « Une victoire au tribunal approuverait et donnerait plus de crédibilité à notre étude », avait-il fanfaronné.

Un site français piraté

La BBC, face à l’afflux de commentaires sceptiques sur la véracité de l’étude a enquêté sur le cabinet canadien. Et a découvert qu’ ApiQuant, qui prétendait exister depuis 2006, venait en fait juste de créer son site.

Si l’identité de ceux qui sont à l’origine de la supercherie reste inconnue, on sait en revanche que les pirates avaient copiés l’interface du site d’une entreprise française spécialisée dans les tests psychométriques, appelée Central Test. Celle-ci a réagi mercredi par la voix d’un communiqué indiquant qu’elle n’avait « aucun lien avec l’entreprise ApiQuant  » et qu’elle menait une enquête pouvant déboucher sur des poursuites judiciaires.

La motivation des pirates laisse déjà planer la rumeur d’un complot contre Internet Explorer, leader mondial des navigateurs internet (près de 70 % de parts de marché). « Ce peut être quelqu’un qui a une dent contre Internet Explorer ou un blagueur malicieux qui rigole de tout cela », a rapporté mercredi à CNN Graham Cluley, un expert américain des questions de sécurité sur internet.

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