Politique

Libye : le président du CNT limoge son gouvernement

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Mis à jour le 9 août 2011 à 10:15

Une dizaine de jours après l’assassinat dans des circonstances mystérieuses du général Younès, le président du Conseil national de transition (CNT) a limogé son gouvernement.

Les dissensions au sein du Conseil national de transition (CNT) libyen, dévoilées après l’assassinat du général Younès semblent se confirmer. Le président de l’organe politique de la rébellion, Moustapha Abdeljalil, a limogé son « bureau exécutif », ou en d’autres termes son gouvernement, a indiqué un porte parole de la rébellion, Mohammed el-Kish, une information confirmée par l’un de ses homologue, Shamsiddin Abdulmolah.

Mahmoud Jibril aura donc en charge de restructurer son équipe qui était jusqu’alors composée d’une quinzaine de membres. « Certains ne reviendront sûrement pas », a affirmé Mohammed el-Kish.

Cette décision intervient une dizaine de jours après la mort, dans des circonstances mystérieuses, du général Abdel Fattah Younès, rappelé du front pour être interrogé à Benghazi, le fief de la rébellion. Des rumeurs avaient circulé autour de l’exécution de cet ancien pilier du régime Kadhafi qui, après avoir rallié la rébellion, était soupçonné de mener des négociations avec les loyalistes. Ces spéculations avaient provoquées de nombreux conflits entre les membres du CNT.

Sur le front, une accalmie des combats a été observée lundi. Alors qu’à l’est de Tripoli, les rebelles faisaient face une offensive des pro-Kadhafi, sur l’autre front, ils parvenaient à conserver le contrôle de Bir Ghanam, à 80 km au sud-ouest de la capitale. Cette dernière ville représente l’un des points les plus stratégiques pour la rébellion, qui avait attaqué cette zone via les montagnes du Djebel Nefoussa.

"la guerre est dans une impasse"

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’offensive des loyalistes à l’est de Zliten (à 120 km de Tripoli) avait provoqué des pertes chez les insurgés, « quatre tués et 40 blessés dans nos rangs » selon un porte-parole militaire rebelle, Abdul Wahab Melitan. Les insurgés tentent tant bien que mal, depuis plus d’une semaine, de prendre cette ville, nœud stratégique qui permettrait à la rébellion d’avancer vers Tripoli. L’Otan continue par ailleurs de mener des raids aériens dans cette zone, afin de venir en aide aux insurgés.

A Brega, à 800 km de la capitale libyenne, un espoir chez les rebelles : « peu de soldats » pro-Kadhafi restent sur le front et « les tirs et bombardements en provenance des lignes ennemies ont considérablement baissé », a assuré un porte-parole militaire Mohamed Zawawi.

Du côté diplomatique, le voisin Tchadien a appelé aux négociations. « La guerre en Libye est dans une impasse, le temps est venu pour que l’Afrique et la communauté internationale s’asseyent autour d’une table pour ramener la paix par le dialogue », a déclaré le président tchadien Idriss Deby Itno.

(Avec AFP)