Politique

Blogueur : une activité politique à haut risque

L'anonymat des blogueurs est une condition nécessaire mais pas suffisante de leur sécurité. © AFP

Depuis l’éclosion du printemps arabe, en Tunisie, en Égypte puis en Syrie, les blogueurs occupent le devant de la scène. Une étude menée par l'université d'Harvard et le site GlobalVoices révèle que 7% d'entre eux auraient déjà été arrêtés et que quelque 30% auraient subi des menaces durant l'année 2010. Conclusion de l'enquête : "la communication digitale est devenue une activité périlleuse."

Ils sont considérés comme des activistes politiques à part entière. Et traités comme tels. Qu’ils soient traqués via leur compte Gmail par l’ex-gouvernement tunisien, ou poursuivis par la Syrian Electronic Army, les blogueurs exercent une activité risquée. Et l’anonymat de la Toile, le système de proxy et toutes les techniques de brouillage ne suffisent pas à garantir leur sécurité.

Ainsi, durant l’année 2010, 7% des activistes numériques interrogés dans l’étude menée par l’université d’Harvard auprès de 98 blogueurs partenaires du site GlobalVoices ont été démasqués puis arrêtés alors que quelque 30% d’entre eux disent avoir reçu des menaces. Un peu moins de 20% des sondés affirment également que leur site a subi une attaque ou a été infiltré, tandis que 5% révèlent avoir été licenciés ou réprimandés dans le cadre de leur emploi pour leurs blogs.

L’auto-censure pour lutter contre la censure ?

L’étude révèle également des données d’ordre sociologique. Les 3/5e des participants étaient des hommes, la majorité ayant entre 20 et 30 ans et la plupart d’entre eux sont titulaires d’un diplôme universitaire et donc relativement plus éduqués que la moyenne. Une élite intellectuelle et numérique.

Ce qui n’empêche pas ces activistes de faire des erreurs. Près de la moitié d’entre eux ont fait figurer leur nom complet sur leur site, 47% leur adresse mail, 42% une photographie les représentant clairement, et 4% ont même publié leur numéro de téléphone. Autant d’informations que n’auront pas manqué d’utiliser les censeurs des gouvernements critiqués. D’où l’une des conclusions de l’étude, adressée aux opposants imprudents : « l’auto-censure est une réponse possible pour éviter les conséquences négatives de l’expression en ligne ».

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Retrouvez ici l’étude de l’Université Harvard et GlobalVoices.
 

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