Justice

Côte d’Ivoire : 58 militaires inculpés pour leurs exactions présumées

Laurent Gbagbo passe en revue un détachement de soldats, près d'Abidjan le 1er avril 2009. © AFP

"Arrestation illégale, séquestration suivie de meurtre, recel de cadavre, viol", etc... Les faits reprochés aux 58 militaires de l'ancien régime Gbagbo inculpés en Côte d'Ivoire sont particulièrement graves.

Après les civils – 37 personnalités politiques du camp Gbagbo sont désormais poursuivies – c’est au tour des militaires : 58 d’entre eux appartenant à l’ancien régime ont été inculpés pour des crimes liés à la crise postélecotrale de Côte d’Ivoire. La liste des chefs d’accusation est longue: « arrestation illégale, séquestration suivie de meurtre, recel de cadavre, viol, vol, violation de consignes, détention arbitraire, détournement de fonds aux fins d’achat d’armes et de recrutement de mercenaires, formation et entretien de miliciens »…

Selon le commissaire du gouvernement (procureur militaire) Ange Kessi, 40 des 58 militaires concernés ont été placés en détention préventive. Parmi eux, une vingtaine d’officiers, dont le général Brunot Dogbo Blé, ex-commandant de la Garde républicaine. En revanche, le colonel-major Boniface Konan et trois autres officiers n’ont pas été inculpés mais seulement "entendus", et laissés en liberté. Ceux-ci étaient récemment revenus de leur exil au Ghana.

Preuve de bonne foi

Ils « n’ont été nullement inculpés », a insisté Paul Koffi Koffi, le ministre délégué à la Défense. « Ils sont libres de leurs mouvements mais ils ont été mis en lieu sûr pour leur propre sécurité », a-t-il expliqué. Ouattara a ainsi voulu montrer une preuve de sa bonne foi, après avoir une nouvelle fois « tendu la main » en fin de semaine dernière au camp adverse, en particulier aux exilés – ce que les intéressés ont accueilli en exigeant la libération des leurs et l’arrêt des poursuites.

Il n’empêche : l’ONU continue de dénoncer les exactions commises par les membres de la nouvelle armée de Côte d’ivoire. Le responsable de l’Onuci pour les droits de l’Homme, Guillaume Ngefa, a déclaré jeudi que, durant le dernier mois, « 26 cas d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires » et « 85 cas d’arrestations arbitraires et de détentions illégales » ont été recensées. De « nombreuses » violations des droits de l’homme qui ont « principalement » impliqué des éléments appartenant aux Forces républicaines (FRCI), selon les habitants et les victimes. Ouattara a nommé de nouveaux chefs militaires, et a souhaité que les rangs de l’armée soient « assainis ».

"Préoccupations" concernant Gbagbo

Mais l’Onuci se préoccupe aussi des conditions de détention à Korhogo (nord) sans inculpation de Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de reconnaître sa défaite au scrutin de novembre 2010. Elle a exprimé « quelques préoccupations » sur la situation de l’ancien président, sans plus de précision. Ngefa compte faire des « recommandations » au gouvernement ivoirien à ce sujet, mais aussi concernant les autres détenus.

Si les conditions de détention de l’ex-première dame Simone Gbagbo, assignée à résidence à Odienné (nord-ouest), « sont bonnes », a-t-il dit, et satisfaisantes pour la plupart des 37 détenus inculpés, elles ne sont « pas vraiment conformes » pour les sept prisonniers de Bouna (nord-est), notamment en raison de problèmes d’hygiène. Mais Ngefa a récusé toute « torture physique », comme le suggèrent certains avocats ou porte-paroles du camp Gbagbo.

(Avec AFP)

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