Politique

Gabon : la biométrie définitivement écartée pour les législatives

| Par Jeune Afrique
Ali Bongo en visite au Caire (Egypte) le 23 janvier 2011.

Ali Bongo en visite au Caire (Egypte) le 23 janvier 2011. © AFP

À la veille de la fête nationale gabonaise, mardi soir, le président Ali Bongo Ondimba a confirmé la tenue d’élections législatives sans cartes biométriques. Il a aussi promis de lutter contre la vie chère, dénonçant « les commerçants véreux » et annoncé des mesures dans les domaines de la santé et de l’éducation.  

Les élections législatives gabonaises se dérouleront sans biométrie. L’annonce du président Ali Bongo Ondimba (ABO), le 16 août, était attendue mais elle bouscule les espoirs de l’opposition. Après avoir contesté les résultats de la présidentielle de 2009, celle-ci avait demandé l’utilisation de cartes biométriques afin de lutter contre la fraude. Et la Cour constitutionnelle avait déjà refusé de décaler à 2012 le scrutin prévu en octobre 2011 afin d’y introduire cette nouvelle technique, fiable et moderne, d’identification des électeurs.

« La Cour a procédé à son arbitrage », a expliqué ABO. « Conformément à la légalité républicaine, et en tant que garant de la Constitution, je m’y soumets, comme tout acteur politique doit se soumettre aux lois qui gouvernent son pays », a-t-il ajouté lors d’une allocution retransmise à la télévision.
« Il nous revient désormais, à tous et à tous les niveaux, d’accepter cette décision et de veiller à ce que les prochaines élections législatives se déroulent au mieux pour permettre à chacun d’entre nous de s’exprimer en toute liberté », a-t-il conclu.

L’opposition regimbe
 
L’opposition gabonaise – dont les deux principaux partis, l’Union nationale (UN, dissoute) et l’Union du peuple gabonais (UPG) – a suspendu depuis juillet sa participation à la Commission électorale nationale autonome (Cenap), et refuse de participer au processus électoral sans l’utilisation de la biométrie.
 
Dans son discours qui précédait les célébrations de la fête nationale gabonaise, le président a également promis de lutter contre la vie chère. « Je constate une hausse abusive des prix des denrées de première nécessité et la surenchère sur de nombreux produits. Les augmentations de revenus minimum consenties par le gouvernement se sont trouvées immédiatement confisquées par des commerçants véreux. Je ne peux le tolérer davantage », a-t-il déclaré.
 
Le Gabon, en tant que producteur de pétrole, importe 85% des produits de consommation. Et la concurrence ne joue pas apparemment en faveur des consommateurs. « Les marges entre le producteur, le transitaire, le transporteur et le distributeur sont tout simplement exagérées et participent de pratiques spéculatives que je dénonce », a fustigé ABO.
 
« Pour manifester mon aversion contre ce fléau qui participe à la paupérisation de nos populations, j’instruis toutes les administrations ayant pour vocation de veiller au contrôle des prix, de mettre en œuvre toutes les mesures de suivi, de contrôle et de sanction qui s’imposent », a-t-il conclu.
 
« Refonte complète »
Ali Bongo a aussi annoncé des mesures dans les domaines de la santé et de l’éducation. Il veut opérer « une refonte complète de la gouvernance [du] système éducatif » et souhaite « au-delà de la promotion du mérite et sa contrepartie, l’éradication des arrangements douteux » afin d’« inciter les jeunes Gabonais à ouvrir les yeux sur les opportunités qui s’ouvrent à eux ».
Le président veut également créer des filières dans les « domaines où nos atouts sont réels », notamment la biodiversité, le pétrole, le bois et les mines. Il a aussi annoncé une hausse de 10% des bourses à l’étranger et de 25% pour celles distribuées au Gabon. « Faire ses études au Gabon ne doit plus être considéré comme une punition ou une injustice », plaide le chef de l’État.
La santé est également au cœur des mesures envisagées par Bongo. Il voudrait transformer le secteur de la santé, en particulier les services d’urgence. « Nous ne pouvons continuer à assister incrédules et impuissants à l’errance d’une structure à une autre faute de moyens et de système de prise en charge, ne serait-ce que pour les 24 premières heures », a-t-il dit, avant d’appeler à la « l’instauration d’un système plus humanisé et solidaire pour ces cas de force majeure qui ne laissent personne à l’abri ».
Enfin, le président demande aux fonctionnaires de « veiller (…) à une meilleure prise en charge des assurés en identifiant et sanctionnant tout système informel de soins privés au sein de ces structures ». Il n’est pas rare en effet que du personnel médical fasse payer des soins en plus de la tarification normale ou se serve des équipements publics à des fins privés.
 
(avec AFP)

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