Politique

La justice américaine abandonne les poursuites pénales contre DSK

Par
Mis à jour le 23 août 2011 à 19:53

Le « cauchemar » de Dominique Strauss-Kahn est fini, selon les paroles de l’ancien directeur du FMI après l’abandon des poursuites pénales pour crimes sexuels par le juge de Manhattan ce mardi. Mais de nouveaux témoignages contre lui et une procédure civile aux États-Unis prouvent que ses tracas judiciaires ne sont pas totalement terminés.

C’est blanchi et naturellement souriant que Dominique Strauss-Kahn a quitté mardi vers 16 heures GMT le tribunal pénal de Manhattan. Après une courte audience, le juge américain Michael Obus a décidé – sur demande du procureur Cyrus Vance – d’abandonner les poursuites pour crimes sexuels dont l’ancien directeur du FMI faisait l’objet. Celui-ci s’est engouffré dans une voiture noire en compagnie de sa femme Anne Sinclair. Son avocat, Benjamin Brafman, avait l’air triomphal.

« Ces derniers mois ont été un cauchemar pour moi et ma famille. Je remercie tous les amis en France et aux États-Unis qui ont cru en mon innocence », a déclaré peu après DSK dans un communiqué, en remerciant le juge qui a classé l’affaire et en disant sa « hâte de rentrer en France ».

« Le procureur Vance a abandonné une femme innocente et a refusé le droit à la justice dans une affaire de viol », a réagi de son côté Kenneth Thompson, l’avocat de Nafissatou Diallo. DSK a quant à lui perdu dans cette affaire son poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et gravement hypothéqué ses chances de devenir un jour président de la France. Sa candidature pour l’élection de mai 2012 semble en tout cas bien compromise, d’autant qu’une plainte au civil a été déposée par la femme de chambre guinéenne le 8 août devant le tribunal du Bronx à New York.

Nouveaux témoignages

Deux avocats de Nafissatou Diallo, l’un américain et l’autre français, ont d’ailleurs assuré mardi que de nombreux témoignages de femmes ayant subi des tentatives d’agression de la part de DSK ont été recueillis. Ils ont également évoqué des pressions de proches de l’ancien ministre français des Finances pour les empêcher de témoigner. « Nous avons été contactés par de nombreuses femmes qui ont témoigné dans le monde entier contre DSK », a ainsi déclaré l’avocat new-yorkais Douglas Wigdor à Paris, quelques heures seulement avant l’audience d’abandon des poursuites pénales contre DSK.

« Nous ne donnerons pas le nombre (de ces femmes, NDLR) car ce dossier fait toujours l’objet d’une enquête dans le cadre d’une procédure civile » aux États-Unis, a ajouté Me Wigdor en souhaitant que DSK soit entendu dans ce cadre. De son côté, l’avocat français de Nafissatou Diallo, Me Thibault de Montbrial, s’est posé en intermédiaire entre ces femmes et ses confrères américains.

"Pressions" de réseaux strauss-kahniens

« Des gens se sont rapprochés de mon cabinet, qui travaillent dans l’industrie du transport, dans l’hôtellerie, dans l’organisation de congrès et même des journalistes, tout ce petit monde a cherché à savoir comment aider (..) mais parallèlement ont exprimé de grandes craintes, a dit Me de Montbrial. La plupart des femmes qui ont fait l’effort se sont montrées trop craintives pour continuer », a-t-il expliqué avant de dénoncer des « pressions » venant de « proches de Dominique Strauss-Kahn » pour dissuader ces témoins potentiels. «

Depuis deux mois, les réseaux DSK déploient tous leurs efforts pour dissuader par différents moyens les femmes susceptibles de porter les coups les plus rudes dans la procédure américaine », a-t-il affirmé.

Enfin, l’avocat a confirmé avoir déposé plainte mardi, au nom de Mme Diallo, pour tentative de subornation de témoin contre un adjoint au maire de Sarcelles, commune proche de Paris dont DSK a été maire.

(Avec AFP)