Société

RDC : les Kinois excédés par les coupures d’électricité

| Par Jeune Afrique
Le fleuve Congo, qui alimente le barrage hydro-électrique d’Inga.

Le fleuve Congo, qui alimente le barrage hydro-électrique d'Inga. © AFP

Depuis trois mois, des quartiers entiers de la capitale congolaise sont plongés dans le noir faute de courant électrique.

« Depuis un mois, nous vivons dans le noir. Nous sommes condamnés à utiliser les braises et les lampes tempête, c’est inacceptable et inadmissible » se lamente Sylvain Mandiangu, un habitant de Kinshasa excédé par les coupures d’électricité.

Si la capitale de la République démocratique du Congo est habituée aux délestages quotidiens, elle connait depuis trois mois une faible desserte en électricité qui plonge des quartiers entiers dans le noir et obligent les industries à tourner au ralenti.

Pour faire face à cette situation, le président Joseph Kabila a nommé samedi de nouveaux dirigeants à la tête de la Société nationale d’électricité (Snel), qui exploite le barrage hydro-électrique d’Inga, dans l’ouest du pays. Une solution qui serait loin de résoudre les problèmes du pays.

Baisse de débit

« Le gouvernement a pris ses responsabilités en évinçant l’équipe dirigeante de la Snel, mais nous estimons que ce n’est pas un problème de personne, c’est plutôt une question de management » a en effet expliqué Leny Llondo, président de l’ONG SOS Kinshasa, qui milite pour l’amélioration du bien-être des Kinois.

La Congolaise des voies maritimes (CVM), s’est de son côté défendue en indiquant que les nombreuses pannes seraient dues au débit du fleuve Congo qui a considérablement baissé depuis avril, atteignant 20.000 mètres cubes par seconde alors qu’en temps normal il est de 40.000 mètres cubes.

« Le déficit ne peut être comblé qu’avec la construction dans deux ans d’une deuxième ligne», explique Daniel Yengo, un délégué général de la Snel, limogé, soulignant que la baisse du niveau du fleuve est peut-être renforcée par le réchauffement climatique.

Pour Yengo, « le réseau électrique est vétuste et surchargé, et au moins huit des quatorze turbines du barrage hydroélectrique, avec ses deux centrales, sont en panne. Vous pouvez avoir les quatorze machines d’Inga en service mais si vous avez seulement une ligne capable de transiter 400 à 420 mégawatts, vous n’aurez pas les 1.700 mégawatts (qui peuvent être) produits à Inga. »

Problèmes d’entretiens

A cela s’ajoute un phénomène d’ensablement des canaux qui drainent l’eau vers les réservoirs des turbines pour fonctionner : la baisse de production d’électricité résulterait donc aussi du non dragage du canal d’amenée pendant trois ans. En conséquence, le barrage hydroélectrique d’Inga qui produit habituellement 800 mégawatts n’en fournit actuellement que 300 à l’heure où Kinshasa, à elle seule, a besoin de 650 mégawatts pour ses besoins énergétiques, domestiques comme industriels.

Pour réduire le déficit énergétique de la riche province minière du Katanga (sud), la Snel a dû importer entre 50 et 120 mégawatts de la Zambie voisine. Tout comme un programme d’extrême urgence de près de 51,5 millions de dollars destiné à améliorer la desserte en électricité de Kinshasa avait été lancé en Mai.

A cause de sa croissance démographique et du manque d’investissement, la RDC possède actuellement l’un des plus bas indicateurs de consommation d’énergie du monde : son taux d’électrification avoisinerait les 10%, selon la Snel.

Avec AFP

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