Politique

Libye : tortures et exécutions dénoncées par Amnesty International

Selon Amnesty international, aussi bien les rebelles que les forces loyales à Mouammar Kadhafi autoriseraient la torture et les mauvais traitements des détenus.

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Mis à jour le 26 août 2011 à 18:42

C’est ainsi que dans un communiqué publié vendredi, Amnesty international fait état d’exécutions sommaires de prisonniers dans deux camps militaires proches de Tripoli, utilisés par la brigade d’élite de Khamis Kadhafi, le fils du dirigeant libyen en fuite.

Exécutions sommaires

Dans ces deux camps, « les forces loyales ont exécuté mardi et mercredi de nombreux prisonniers, alors que les rebelles étaient déjà entrés dans Tripoli», affirme l’ONG.

« Dans l’un des camps, à Khilit al-Ferjan (sud-ouest de Tripoli), des gardes ont ouvert le feu et lancé des grenades sur environ 160 détenus qui tentaient de s’échapper mardi. Au moins 23 détenus ont pu s’enfuir, dont certains ont été hospitalisés », rapporte l’organisation qui n’est pas en mesure de fournir de chiffre précis concernant les survivants.

Autre exemple cité par l’organisation non gouvernementale : « dans un deuxième camp, à environ 5 km de là, à Qasr Ben Ghashir, des gardes ont ouvert les cellules de cinq détenus et les ont abattus, entraînant un mouvement de panique des quelques 70 autres prisonniers qui ont réussi à s’échapper, mettant en fuite les cinq gardes en faction ».

Des pratiques qui peuvent ne pas surprendre, puisque la torture est généralement utilisée par les forces pro-Kadhafi, notamment à la prison Abou Salim de Tripoli. Des témoignages de viols de détenus par des gardiens ont notamment été recueillis par l’organisation.

Les rebelles sur la sellette

Mais les forces loyales libyennes ne sont pas les seules à avoir été épinglées. Dans un autre communiqué, l’association a rapporté les témoignages recueillis par sa délégation locale en Libye, faisant état de tortures pratiquées par les rebelles, déjà épinglés par Human Rights Watch.

Des responsables des rebelles ont assuré à la délégation locale d’Amnesty qu’ils ne commettraient jamais les violations des droits de l’homme qui avaient cours sous le régime de Kadhafi.

Mais les conditions de détentions pratiquées dans une ancienne école de Bir Tirfas, utilisée comme prison pour les anciens soldats pro-Kadhafi, les mercenaires et loyalistes du régime en déroute, seraient, selon les dires d’Amnesty, « extrêmement difficiles ». Il y aurait ainsi 125 personnes entassées dans une cellule, incapable de s’allonger ou de bouger. Un prisonnier a également raconté avoir été blessé par balle à la jambe et battu sévèrement au moment de son arrestation, alors qu’il était désarmé et qu’il se rendait. Ce même détenu a indiqué que les prisonniers étaient battus et insultés.

D’autres détenus, considérés par les rebelles comme étant des mercenaires, ont affirmé à Amnesty International être des travailleurs immigrés africains, arrêtés chez eux ou sur leur lieu de travail, à cause de la couleur de leur peau.

Avec AFP