Politique

Terrorisme : Aqmi et Boko Haram, même combat ?

Les liens probables entre la secte islamiste nigériane Boko Haram et Aqmi inquiètent les observateurs. L’arc du terrorisme est-il en train de se consolider de la Mauritanie à la Somalie, en passant par l’Algérie et le Nigeria ?

Par
Mis à jour le 27 août 2011 à 17:58

Video fournie le 21 octobre 2010 par la secte Boko Haram montrant 7 membres de la secte. © AFP

Il n’y a encore aucune preuve formelle de la collusion entre Boko Haram et Al-Qaïda au Maghreb islamique, qui viennent encore de frapper, respectivement contre le siège des Nations unies à Abuja et contre une académie militaire en Algérie. Mais pour de nombreux diplomates occidentaux et experts en matière de sécurité, l’existence d’un lien entre les deux organisations terroristes ne fait aucun doute. Des craintes largement étayées par le fait que les nombreuses attaques de la secte nigériane, souvent à la bombe, sont de plus en plus sophistiquées, mais aussi par la teneur des messages postés sur des sites djihadistes.

« Les liens entre Boko Haram et d’autres organisations extrémistes en Afrique et ailleurs nous inquiètent beaucoup », a déclaré le général américain Carter Ham, commandant des forces américaines pour l’Afrique (Africom) en visite au Nigeria au début d’août. Le type de bombes utilisé dans ce pays est semblable à celui des attentats qui ont eu lieu ces derniers mois dans la zone d’activité d’Aqmi.

« Avec la présence d’Al-Qaïda dans des pays proches tels que le Mali, le Niger et l’Algérie, il est aisé pour Boko Haram d’établir des liens », a déclaré le lieutenant-colonel Hassan Mohammed, un porte-parole de l’armée nigériane. Par ailleurs, des membres présumés de cette secte islamiste ont fait référence, dans leurs déclarations, à des liens avec les insurgés islamistes shebab en Somalie.

Pour l’instauration d’un État islamique

Dans une récente vidéo, deux otages occidentaux enlevés en mai dans le nord-ouest du Nigeria ont affirmé être détenus par Aqmi. L’information n’a pas pu être vérifiée. Selon un diplomate occidental, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, ces ravisseurs pourraient bien être des malfaiteurs locaux. « Certains officiels nigérians haut placés croient fermement qu’Al-Qaïda est présente. Quant à Boko Haram, le gouvernement ne semble pas avoir de plan pour les maîtriser », a-t-il affirmé.

L’objectif de Boro Haram est simple : instaurer un État islamique au Nigeria, pays qui compte autant de musulmans que de chrétiens.  L’insurrection de la secte en 2009, violemment réprimée par les forces de l’ordre, avaient fait plus de 800 morts en quelques jours. Et ces derniers mois, les attaques à l’aide de bombes artisanales se sont multipliées.

(Avec AFP)