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Libye : les Kadhafi, une famille décomposée

Kaddafi et sa femme Safia (à sa droite) lors d'un mariage (photo trouvée à Bab al-Aziziya). © AFP

Tandis que les rebelles avancent difficilement vers Syrte, dernier grand bastion pro-régime sur la côte, plusieurs membres de la famille de Mouammar Kadhafi se sont réfugiés en Algérie, dont sa seconde épouse, Safia Farkash, et Hannibal, réputé pour ses frasques internationales. L’ex-dirigeant libyen pourrait quant à lui être réfugié dans sa tribu, à 100 km au sud-est de Tripoli, avec ses autres fils Saadi et Seif el-Islam.

La rébellion libyenne n’est plus à une « approximation » près. Pour la énième fois, Khamis Kadhafi est ainsi donné pour mort par des membres du Conseil national de transition (CNT). Et encore une fois, rien n’est véritablement certain au sujet du fils cadet de l’ex- n° 1 libyen, 28 ans, qui commandait l’une des brigades réputées les plus efficaces des forces loyalistes. « Un des leaders rebelles m’a confirmé que Khamis avait été tué quelque part près de Tarhouna, à environ 80 km au sud de Tripoli », a assuré le ministre de la Justice Mohamed Allegi. « Il a peut-être été tué pendant une bataille. Le leader rebelle m’a dit qu’il avait été enterré », a-t-il ajouté.

Une information officielle est cependant venue interrompre le flot de rumeurs en tout genre concernant la famille de l’ex-« Guide ». « L’épouse de Mouammar Kadhafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 08 heures 45 (07 heures 45 GMT) par la frontière algéro-libyenne », a indiqué un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères qui précise que l’Algérie (accusée par Aqmi de soutenir Kadhafi) leur a offert « un passage » pour « raisons humanitaires » afin qu’ils entrent « dans un pays tiers ». La rébellion a fait savoir qu’elle ne comprenait pas cette décision et demandait le retour des fugitifs pour les juger de manière impartiale, « avec le bénéfice du doute ».

Safia Farkash, femme discrète et richissime

L’aîné des fils Kadhafi, Mohamed, est un homme de réseau très discret et Hannibal, 33 ans, est surtout connu pour ses outrages et sa violence envers ses proches et domestiques. Ils ne font donc pas partie de la garde rapprochée de leur père. Aïcha, la fille avocate, serait selon des sources locales algériennes sur le point d’accoucher, quant à Safia Farkash, la mère de sept des huit enfants biologiques de Kadhafi dont elle est la seconde épouse, c’est une femme discrète, infirmière de métier, connue pour sa fortune et son influence considérables en Libye.

Reste à savoir où se cache Kadhafi, toujours introuvable une semaine après l’entrée des rebelles à Tripoli. Selon des « sources diplomatiques libyennes autorisées » citées par l’agence de presse italienne Ansa, l’ancien dirigeant libyen se trouverait à 100 km au sud-est de Tripoli, dans sa tribu à Bani Walid, avec ses fils Saadi et Seif el-Islam.
Outre sa capture, les rebelles visent le contrôle de la région natale de l’ex-dictateur, Syrte, une ville qui est le dernier grand bastion du régime sur la côte. Les rebelles ont avancé lundi d’une vingtaine de kilomètres par l’est vers cet objectif, mais leur progression est fragile et laborieuse. Ils occupaient hier soir les localités de Nofilia et Umr Gandil, sur la route côtière longeant le golfe de Syrte, où ils célébraient la fin du ramadan.

« Nos premières positions sont désormais installées à environ 100 km à l’est de Syrte, mais nos éléments de reconnaissance ont avancé jusqu’à la vallée rouge, (à environ 70 km à l’est de Syrte) où les Kadhafistes tentent de bloquer notre avance avec leur artillerie », a précisé un officier rebelle.

Kadhafi est toujours "un danger"

Réuni lundi à Doha, l’état-major des forces de la coalition a reconnu que la guerre n’était pas finie et que les opérations militaires devaient se poursuivre dans le but d’éliminer « les restes » du régime libyen. Le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, a de son côté affirmé que Kadhafi représentait toujours « un danger », surtout en appelant ses partisans à se soulever.

À Tripoli, la situation tend vers le retour au calme mais les conditions de vie des habitants sont de plus en plus difficiles. Le manque d’eau se fait particulièrement sentir de puis deux jours consécutifs et les ingénieurs envoyés pour réparer les installations dans des « zones éloignées » de la capitale sont pris à partie par les forces pro-Kadhafi subsistantes. Le groupe pétrolier italien Eni a quant à lui signé lundi un accord avec le CNT pour reprendre ses activités dans le pays et fournir des hydrocarbures à la population libyenne.

D’un point de vue diplomatique, enfin, la France et la Grande Bretagne préparent la réouverture de leurs ambassades dans la capitale libyenne. Et la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a annoncé sa venue jeudi à Paris pour participer à la réunion du Groupe de contact sur la Libye afin d’accélérer le plan d’aide financière aux nouvelles autorités.

(Avec AFP)

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