Politique

Libye : Seif el-Islam et Saadi Kadhafi, les voix discordantes de la défaite

Mis à jour le 1 septembre 2011 à 10:14

Le premier veut résister jusqu’au bout face aux rebelles, le second veut négocier voire se rendre si un gouvernement légitime était constitué en Libye. Seif el-Islam et Saadi Kadhafi, deux sons de cloche différents, mais sans doute provoqués par la même personne : leur père Mouammar Kadhafi, toujours introuvable.

Dans la famille Kadhafi, il y aurait colombes et les faucons ? Alors que la Libye est en passe d’être presque entièrement contrôlée par les rebelles et leurs alliés de l’Otan, certains proches de l’ex-« Guide » semblent en tout cas moins va-t-en guerre que d’autres. Dans la première catégorie, Saadi Kadhafi, troisième fils de l’ex-dirigeant libyen, homme d’affaires et ancien footballeur, qui a été jusqu’à qualifier les rebelles de « frères ».

« Nous ne voyons aucun problème à ce qu’ils soient au pouvoir, les rebelles sont nos frères. (…) Si ma reddition arrête l’effusion de sang, je suis prêt à me rendre dès ce soir », a-t-il affirmé dans une interview à la chaîne de télévision Al-Arabiya, mercredi soir. Saadi est « hésitant » à se rendre, mais « nous assurerons sa sécurité » s’il le fait, a répondu le vice-président du conseil militaire des insurgés, Mehdi Harati.

Langage martial

De son côté, Seif el-Islam Kadhafi a une nouvelle fois utilisé le langage martial qu’on lui connaît souvent depuis l’explosion de la révolte en février. « Je vous parle d’une banlieue de Tripoli. Nous voulons tranquilliser le peuple libyen, nous sommes toujours là, la résistance continue et la victoire est proche », a-t-il dit dans un nouveau message retransmis par la télévision Arrai, basée à Damas. « Chaque Libyen est Mouammar Kadhafi, chaque Libyen est Seif el-Islam (…) Là où vous vous trouvez face à un ennemi, combattez-le », a-t-il appelé, non sans préciser : « Le « Guide » se porte bien ».

Seif el-Islam a également mis en garde le Conseil national de transition (CNT) contre un assaut sur Syrte, la région natale de son père où convergent les troupes rebelles. Selon lui, quelque « 20 000 hommes armés » sont prêts à défendre ce dernier bastion du régime. Mais les rebelles, qui se préparent activement à la bataille, ont lancé un ultimatum fixé à samedi pour la reddition des forces loyalistes.

Tendances contraires

Y a-t-il donc division dans la maison Kadhafi, ente les jusqu’au boutistes et les négociateurs ? Pas forcément, même si des tendances contraires sont visiblement à l’œuvre. Au même titre que l’ex-« Guide » a déjà mis en compétition plusieurs de ses fils pour le pouvoir, il a peut-être chargé Saadi d’un ballon d’essai. Celui-ci a d’ailleurs déclaré avoir été officiellement mandaté par son père pour négocier avec le CNT, dont il a affirmé avoir contacté un responsable militaire.

« Nous reconnaissons le fait qu’ils représentent une partie légitime, mais nous sommes aussi le gouvernement ainsi qu’une partie à la négociation, qui est légitime », a-t-il expliqué. Quant à sa reddition, elle paraît bien hypothétique. Selon la chaîne américaine CNN, citée par lemonde.fr, Saadi aurait déclaré que les forces rebelles refusaient de négocier. « Je me rendrais plutôt à un véritable gouvernement qu’à ces gens-là », a-t-il déclaré dans un message envoyé à un journaliste de la chaîne.

(Avec AFP)