Politique

Kadhafi « prêt pour une longue bataille, même si la Libye brûle »

Deux nouveaux messages de Mouammar Kadhafi ont été diffusés jeudi, jour du 42e anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir. Refusant une nouvelle fois de s’avouer vaincu, il a appelé à la « résistance » et à la « guérilla » « même si le pays brûle ».

Mis à jour le 1 septembre 2011 à 19:30

Le colonel Mouammar Kadhafi le 10 juin 2009 à Rome. © AFP

Mise à jour le 02/09 à 10h13

La volonté de résistance de l’ancien « Guide » libyen semble sans faille. Alors que Mouammar Kadhafi est en fuite, que la capitale du pays est tombée aux mains des rebelles et que son fief de Syrte est encerclé, il a transmis à ses fidèles deux nouveaux messages qui ont été diffusés jeudi par la télévision satellitaire Arrai basée à Damas (Syrie). En ce jour anniversaire du coup d’État qui l’a porté au pouvoir (c’était le 1er septembre 1969), il a une fois de plus appelé ses derniers partisans au combat.

"Colonisation de la Libye"

« Même si vous n’entendez pas ma voix, poursuivez la résistance », a-t-il lancé dans le quatrième message depuis le début de la bataille de Tripoli, le 20 août. Il s’est dit prêt pour « une longue bataille, même si la Libye brûle ». « Nous ne nous rendrons pas. Nous ne sommes pas des femmes et nous allons poursuivre le combat », a-t-il encore lancé.

Un autre message de lui, diffusé quelques heures plus tard tranchait avec ses discours habituellement enflammés. Étrangement calme, il a demandé à ses partisans de se préparer « à une guerre de gangs et de guérilla, à la guerre urbaine, et à une résistance populaire dans chaque ville (…) pour vaincre l’ennemi partout ». « L’objectif est de tuer l’ennemi là où il se trouve, qu’il soit libyen ou étranger » a-t-il lancé, accusant les pays de la coalition de « vouloir coloniser la Libye et mettre la main sur ses ressources pétrolières et hydrauliques ».

« Nous ne permettrons jamais que nos puits et nos ports soient sous leur contrôle, et notre résistance va s’amplifier », a-t-il dit. « Aucune région n’acceptera d’être soumise à vos avions », a encore dit M. Kadhafi en allusion à l’Otan qui a aidé la rébellion dans le conflit.

En attendant, les rebelles poursuivent leur traque, sans réellement savoir où le chercher. Sa ville natale de Syrte, toujours aux mains des partisans de Kadhafi, est fréquemment citée comme un possible refuge. Mais selon le vice-président du Conseil national de transition (CNT) Abdel Hafiz Ghoga, il pourrait se trouver à Bani Walid, une localité située à une centaine de kilomètres au sud-est de Tripoli. Sa tête reste mise à prix pour 1,7 million de dollars (2 millions de dinars libyens).

Au niveau international, Mouammar Kadhafi semble bien le seul (avec peut-être Seif el-Islam, un de ses fils) à croire encore en une reconquête. Plusieurs pays, pourtant hostiles à l’intervention de l’Otan contre son régime comme la Russie ou la Chine mais à l’exception notable de l’Afrique du Sud, se sont réunis à Paris ce jeudi pour réfléchir à la reconstruction du pays… Désormais libéré de son tyran.

(Avec AFP)