Diplomatie

Turquie – Israël : rien ne va plus

| Par Jeune Afrique
Neuf personnes avaient trouvé la mort lors de l’assaut israelien sur la flotille le 30 mai 2010.

Neuf personnes avaient trouvé la mort lors de l'assaut israelien sur la flotille le 30 mai 2010. © Reuters

Les relations diplomatiques israélo-turques se sont encore un peu plus détériorées avec l’expulsion de l’ambassadeur israélien en Turquie, décrété par Ankara vendredi 2 septembre. La publication officielle du rapport de l’ONU sur la « la flottille de la liberté » ne devrait rien arranger.

Rien ne va plus entre la Turquie et Israël. Le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan a décidé vendredi 2 septembre d’expulser l’Ambassadeur israélien Gab Levy et de suspendre sine die ses accords militaires avec l’État hébreu. Deux mesures qui jettent un froid sur des relations diplomatiques quasiment au point mort depuis l’assaut de la marine israélienne sur la « flottille de la liberté » en mai 2010, qui avait coûté la vie à huit ressortissants turcs et un Américain d’origine turque.

Principal point de discorde entre les deux ex-alliés : les excuses publiques refusées par Israël et le dédommagement des familles des victimes et des blessés de l’assaut. Mais le gouvernement de Benyamin Netanyahou n’entend pas céder, se disant prêt à formuler des « regrets ».

La publication dans les jours à venir du rapport de l’ONU sur l’opération militaire contre la flottille ne devrait pas apaiser les relations entre Ankara et Tel Aviv. Dans les tiroirs depuis plusieurs mois, la sortie de cette enquête, menée par Geoffrey Palmer, ancien Premier ministre de Nouvelle-Zélande, assisté d’Alvaro Uribe, ex-président de Colombie et d’un représentant de la Turquie et d’Israël, a été reporté à maintes reprises pour permettre aux deux pays de s’entendre sur une version commune des faits.

Zones d’ombres

Quinze mois après l’assaut israélien, les quelques cent pages du rapport, publiées par le New York Times jeudi, parviennent difficilement à faire la lumière sur les responsabilités du drame, qui avait suscité un vif émoi au sein de la communauté internationale. Les commandos israéliens ont-ils ouvert le feu avant l’abordage, sans s’être assurés que les six navires qui composaient la flottille ne transportaient pas d’armes ? Geoffrey Palmer et son équipe n’ont pas tranché la question au terme de leur enquête. De son côté, Ankara maintient avoir contrôlé l’ensemble des passagers au départ à Istanbul, et qu’aucune arme ne se trouvait à bord. 

Bravant l’interdiction d’arraisonner à Gaza, émise par le gouvernement israélien en janvier 2009, les activistes souhaitaient témoigner leur soutien au 1,6 million de Palestiniens vivant sous blocus. Ils auraient agi « imprudemment », selon le rapport de l’ONU, qui pointe notamment du doigt la fondation turque IHH, principale mécène du convoi humanitaire.

Un blocus jugé « approprié »

La réaction israélienne a été jugée « excessive » par le rapport de l’ONU, qui blâme l’État hébreu pour le traitement réservé aux passagers une fois les six ferries interceptés : intimidation, agression physique, refus d’accorder une assistance consulaire…

Si l’ONU remet en cause Israël sur l’épisode de la flottille, le blocus sur Gaza est en revanche jugé « approprié » et conforme au droit international. « Israël fait face à une réelle menace pour sa sécurité de la part de groupes de militants à Gaza », peut-on lire en ouverture du rapport.

Le blocus israélien imposé à Gaza depuis près de deux ans est une réponse à la victoire du Hamas aux législatives de 2007. Son objectif : faire en sorte qu’aucune arme ne puisse plus entrer sur le sol gazaoui. Une punition collective condamnée par la Turquie. 

(Avec AFP)

 

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