Politique

Libye : échec des négociations pour la reddition des loyalistes à Bani Walid

Après l’échec des tractations pour la reddition des forces loyalistes de la ville de Bani Walid, le nouveau pouvoir libyen devrait attaquer d’ici peu ce bastion de Mouammar Kadhafi, qui abriterait des proches de ce dernier.

Mis à jour le 5 septembre 2011 à 10:30

Des rebelles libyens près dela ligne de front, à Umm Khanfis, à 80 km à l’est de Syrte, le 4 sep © AFP

Les négociations avec la « forteresse » pro-Kadhafi de Bani Walid n’auront finalement pas abouti. Depuis plusieurs jours, des pourparlers pour la reddition pacifique de groupes armés pro-Kadhafi étaient menés par l’intermédiaire de chefs de tribus libyens.

Les loyalistes « ont demandé que les révolutionnaires entrent à Bani Walid sans leurs armes (sous prétexte de négociations) pour pouvoir les tuer », a dénoncé Abdallah Kenchil, le négociateur en chef pour les nouveaux dirigeants de Libye, au poste de Chichan, un point de contrôle situé au nord de Bani Walid.

Après cette tentative échouée, les rebelles pourraient décider d’avoir recours aux armes afin de faire tomber ce fief du dictateur libyen. « Je laisse le commandant (des forces anti-Kadhafi) gérer le problème », a déclaré Abdallah Kenchil qui attend une décision dans les heures qui viennent.

Une « ville forteresse »

« Kadhafi, ses fils, et de nombreux proches sont venus à Bani Walid », a-t-il expliqué. Certains se seraient « échappés », selon lui, mais d’autres auraient élu domicile dans la ville, à l’instar de Saadi et Moatassim Kadhafi.

Le premier, ex-footballeur, qui s’est dit « neutre » tout au long du conflit libyen et affirme ne pas avoir vu son frère Seif el-Islam depuis deux mois, a déclaré à la CNN se trouver « un peu en dehors » de Bani Walid mais a avoué circuler aux alentours de la ville.

Des caciques du régime Kadhafi seraient également réfugiés dans la ville, dont notamment le porte-parole du colonel, Moussa Ibrahim. « Il y a plein de gens venus de Tripoli et d’autres villes à Bani Walid. Ils veulent utiliser cette ville comme leur forteresse », a estimé le négociateur en chef des combattants pro-CNT.

Ces proches de Kadhafi auront jusqu’au 10 septembre pour se rendre, selon le président du Conseil national de transition Mustapha Abdeljalil. Mais la menace d’une attaque plus proche a déjà été agitée.« Soit ils lèvent le drapeau blanc et ils se rendent, soit les combats commencent. Ils ont 24 heures à partir de ce matin », avait déclaré samedi matin Abdelrazzak Naduri, numéro 2 du conseil militaire de Tarhouna (à environ 80 km au nord de Bani Walid)

Reconstruction à Tripoli

Sur le front de Syrte, autre bastion des pro-Kadhafi, le calme a régné ce dimanche, même si l’Otan déclarait y avoir mené des frappes samedi. Du côté de Tripoli, les combats ont fait place à la reconstruction. Le CNT s’attèle à relancer les activités économiques dans la capitale libyenne, meurtrie par dix jours de combats. Certains commerces, dont des banques, commencent à rouvrir leurs portes, tandis que des patrouilles de policiers circulent dans la capitale, où la circulation a repris. La ville devrait être à nouveau ravitaillée en eau d’ici quelques jours, selon le nouveau pouvoir libyen.

Des vols réguliers seraient en outre mis en place entre Benghazi et Tripoli, même s’ils nécessitent toujours des autorisations de l’Otan, selon Anwar al-Feitiri, le « ministre » des communications et du transport.

Du côté diplomatique, selon des témoins et plusieurs journaux, l’Algérie aurait fermé sa frontière avec la Libye suite à l’entrée dans le pays de membres de la famille Kaddfi le 19 août.

(Avec AFP)