Politique

Libye : Kadhafi garde le moral, le CNT toujours à sa recherche

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Mis à jour le 7 septembre 2011 à 17:55

Alors que des informations font état du « très bon moral » de Mouammar Kadhafi, une délégation du CNT va se rendre au  Niger pour empêcher le guide suprême d’y entrer.

« Nous avons une délégation qui se rend mercredi au Niger pour discuter avec le président et le ministre des Affaires étrangères de la sécurisation de nos frontières afin d’empêcher toute infiltration des soldats de Kadhafi et arrêter toute tentative de Kadhafi ou de sa famille de s’y rendre », a ainsi indiqué Fathi Baja, chargé des affaires politiques au Conseil national de transition libyen (CNT), lors d’une conférence de presse.

La décision d’envoyer une délégation au Niger a été prise par le numéro deux du CNT libyen, et la délégation partira dans les heures à venir de Tunis pour le Niger. Le porte-parole a également insisté sur le fait que le CNT s’attendait à ce que lui soit rendu l’or ou l’argent avec lequel le guide aurait pu s’enfuir, avant de demander l’extradition des responsables proches de Kadhafi passés au Niger.

Mardi, le ministre nigérien de l’Intérieur, Abdou Labo, indiquait cependant que le Niger avait accueilli une dizaine de personnalités proches de Kadhafi pour des raisons humanitaires.

Interrogé sur la présence de M. Kadhafi au Niger, il avait répondu qu’il s’agissait de simples rumeurs : « Officiellement et selon les informations qui sont les nôtres, le colonel Kadhafi n’est pas sur le territoire nigérien. »

"Kadhafi a très bon moral"

Ce dernier semble pourtant très bien se porter, comme l’a affirmé à l’AFP Michane al-Joubouri, patron de la télévision satellitaire Arrai, seul média à être encore en contact avec la famille Kadhafi. « J’ai parlé avec Kadhafi très récemment. Il est en Libye, a très bon moral, se sent fort, n’a pas peur de mourir en combattant contre les occupants » a indiqué al-Jabouri qui ajoute que le fils du guide, Seif el-Islam, est « dans le même état d’esprit que lui.»

Un état d’esprit également partagé par le nouveau pouvoir libyen, qui a fait état de grands progrès dans les négociations pour la reddition pacifique de Bani Walid, l’un des derniers bastions de l’ex-dirigeant. « Les négociations hier ont été réussies et nous attendons le feu vert du CNT pour pénétrer  à Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli) », a indiqué le chef des négociateurs, Abdallah Kenchil, qui a mené des discussions avec des anciens issus de tribus de Bani Walid mardi.

Négociations à Bani Walid

« Les anciens ont rejoint la révolution », a-t-il indiqué. Selon lui, certains d’entre eux sont maintenant à Tripoli, et d’autres sont retournés à Bani Walid, où des hommes armés pro-Kadhafi les ont empêchés d’entrer dans un premier temps, provoquant le mécontentement des tribus.

Sur le terrain, aucun combat n’a été signalé dans les environs de Bani Walid, où des forces anti-Kadhafi se sont retrouvées dans le désert pour récupérer des blindés abandonnés par les armées loyales au guide.

Sur le plan politique, le Conseil de sécurité discutera vendredi d’une mission de l’ONU d’une durée de trois mois en Libye. Objectif : aider à réformer la police et la justice et préparer les élections.

Les problèmes humanitaires continuent cependant d’inquiéter : l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a ainsi signalé qu’environ 1.200 immigrés, en majorité tchadiens, étaient bloqués depuis juin à Sebha, dans le sud, « terrorisés à l’idée d’être pris entre deux feux ».

(Avec AFP)