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Maroc : le Mouvement du 20 février fait sa rentrée dans la rue

Manifestation à l'appel du Mouvement du 20 février à Rabat, le 11 septembre 2011.

Manifestation à l'appel du Mouvement du 20 février à Rabat, le 11 septembre 2011. © AFP

Répondant à l’appel du Mouvement du 20 février, plusieurs milliers de personnes ont défilé pacfiquement dimanche dans les principales villes du Maroc. La mobilisation a été relativement faible. Mais les protestataires maintiennent leur mot d’ordre de boycott des prochaines élections législatives anticipées.

Des milliers de Marocains sont descendus dans la rue dimanche 11 septembre suite à l’appel du Mouvement  du 20 février pour revendiquer une fois de plus des changements politiques et une plus grande justice sociale au Maroc. Ces manifestations se sont déroulées dans le calme à Casablanca, Rabat et Tanger.

De manifestation en manifestation, les slogans sont toujours les mêmes. « Non au cumul du pouvoir et de la fortune », « Vive le peuple », « Nous voulons vivre dans la dignité et l’égalité », scandaient des milliers de manifestants – environ 2 000 selon la police – à Casablanca.

Les protestataires casablancais avaient choisi pour la première fois le quartier populaire de Sidi Moumen (d’où étaient issus les auteurs des attentats de Casablanca le 16 mai 2003, qui avaient fait 45 morts). Pour les jeunes militants du Mouvement du 20 février, ces manifestations étaient considérées comme celles « de la rentrée politique et sociale ». Mais l’appel à mobilisation paraît dans l’ensemble avoir été relativement peu suivi.

"Dignité, liberté, justice sociale"

De fait, dans la capitale administrative Rabat, la mobilisation était encore plus faible que dans la capitale économique, avec seulement un millier de jeunes du Mouvement scandant « dignité, liberté, justice sociale » et « le peuple veut la chute du Makhzen » (la monarchie).   

À Tanger, la manifestation a commencé dans le quartier populaire de Beni Makada. « Les jeunes étaient encerclés par les forces de l’ordre mais la manifestation s’est déroulé dans le calme », a indiqué à l’AFP Mounaïm, de la section locale du Mouvement.

Né dans le sillage des révoltes arabes au début de l’année, le Mouvement du 20 février regroupe des islamistes du groupe Justice et bienfaisance, une importante association illégale mais tolérée, ainsi que des « cyber-militants » indépendants et des militants d’extrême-gauche.

Six mois d’activisme

Suite aux succès des révolutions tunisiennes et égyptiennes, le Mouvement révolutionnaire marocain appelle à manifester en moyenne une fois par mois. Dans une interview accordée dimanche au site Rue 89, Oussama Elkhlifi, membre fondateur du Mouvement a déclaré : « Nous avons accompli beaucoup de choses positives. La vie politique s’est réveillée au Maroc. Une nouvelle Constitution a été adoptée. (…) Il y a aussi eu quelques progrès sur le plan social : la hausse du salaire des fonctionnaires, pas mal de diplômés chômeurs ont obtenu du travail. (…) Même si le régime n’a pas répondu aux revendications du mouvement, et même si nous avons commis quelques erreurs, le bilan est globalement positif ».

Après avoir dressé le bilan de ses 6 mois d’activisme, le Mouvement du 20 février a affirmé son intention de continuer à mettre la pression sur le gouvernement. Et a d’ores et déjà appelé au boycott des élections législatives, prévues le 25 novembre prochain

(Avec AFP)

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