Défense

Burkina Faso : après les mutineries, l’armée se réorganise

Représentants des forces armées burkinabè en meeting avec Blaise Compaoré, le 1er avril 2011.

Représentants des forces armées burkinabè en meeting avec Blaise Compaoré, le 1er avril 2011. © AFP

Suite aux mutineries de militaires qui ont secoué le Burkina Faso entre mars et juin 2011, le chef de l’État, Blaise Compaoré, a décidé d’opter pour une vaste réorganisation de son armée.

Quelques mois après la vague de mutineries qui a secoué l’armée burkinabè de mars à juin, le président Blaise Compaoré vient d’opter pour une réponse musclée. Toute l’armée du pays est aujourd’hui en cours de réorganisation, une opération d’une ampleur inédite. Deux des trois chefs de régions militaires viennent d’être remplacés, à Kaya, dans le nord du pays, ainsi que dans la capitale économique Bobo Dioulasso, qui avait été elle aussi touchée par la fronde kaki.

Outre le remplacement de personnel, la carte militaire a été redessinée par le chef d’État, en charge du ministère de la Défense depuis les mutineries. Certaines entités viennent compléter l’ancienne organisation, d’autres au contraire, ont été supprimées.

Le 24e et le 34e Régiment interarmes (RIA) ont été créés et disposés dans les garnisons de Bobo Dioulasso et Fada N’Gourma. A cela vient s’ajouter un 25e Régiment parachutistes-commando dans la capitale économique. Quatre régiments et un centre de formation ont quant à eux été dissous et les militaires redéployés.

La garde présidentielle épargnée

Il reste « difficile de parler de régiment sanctionné à travers ce chamboulement, tant les mutins se recrutaient partout dans les différents corps de l’armée », analyse le quotidien indépendant Le Pays, notant par ailleurs « une concentration des corps autour d’un commandement resserré dans les régions militaires ».

La refonte de l’armée se met progressivement en place dans le pays. Parmi les unités épargnées par ces chamboulements, le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne du chef de l’État, bien qu’elle ait connu une mutinerie mi-avril et forcé Blaise Compaoré à quitter quelques heures le palais présidentiel.

Suite à ces événements, dont le cycle a été brisé par une répression musclée début juin à Bobo Dioulasso, quelques 566 militaires ont été radiés et un nouveau gouvernement et un nouvel état-major ont été nommés par le président. 
(Avec AFP)

 

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