Politique

WikiLeaks – Burkina Faso : la lutte anti-corruption selon Tertius Zongo

| Par Jeune Afrique

Dans ce câble daté du 9 juin 2008 (08OUAGADOUGOU490), le sous-secrétaire d’État américain aux Affaires africaines Todd Moss rencontre le Premier ministre du Burkina Faso Tertius Zongo. Au menu de la discussion : bonne gouvernance et lutte anti-corruption. Traduction des principaux passages du document.

Résumé : Lors d’une réunion le 4 juin en présence de AF DAS [sous-secrétaire d’État adjoint pour les Affaires africaines] Todd Moss, le Premier Ministre Tertius Zongo a exprimé la volonté de son gouvernement de promouvoir une bonne gouvernance, de combattre la corruption, d’améliorer la situation commerciale du Burkina Faso, et d’encourager la production agricole. Zongo a déclaré que la réforme agraire prévue par le Millenium Challenge Corporation (MCC) pourrait aider à accroître la production alimentaire. (…)

5) « Au sujet d’une bonne gouvernance, Zongo a noté qu’il était en discussion avec l’Assemblée nationale et la société civile concernant des réformes qui pourraient être adoptées cette année, telles que l’utilisation de carte d’identité afin d’établir des listes électorales, le financement des partis politiques, le (faible) statut de l’opposition et des quotas de femme aux élections ». (…)

7) Zongo a aussi souligné que le Burkina Faso a récemment créé une nouvelle entité anticorruption, l’Autorité supérieure du contrôle d’État (ASCE), dont la direction sera installée le 9 juin. L’ASCE aura « une réelle indépendance », a déclaré Zongo, ce qui implique la possibilité de produire ses propres rapports sur son travail et de transmettre les cas de corruption directement au système judiciaire. Zongo a d’abord consulté l’ambassadeur avant de créer cette autorité et demande maintenant l’appui du gouvernement américain pour cette nouvelle institution ».

8) Commentaire : Zongo est sincère dans son intention de s’attaquer à la corruption, mais il croit que ses efforts auront très peu d’impact. De manière générale, le président Blaise Compaoré n’autorisera jamais que des cas de corruption de haut niveau ne soit poursuivi par le système judiciaire, que Compaoré contrôle. Même si l’ASCE est un progrès institutionnel sur le papier, son influence sera limitée tant qu’il n’y aura pas de réforme faisant de la justice un secteur entièrement indépendant ». (…)

18) Libye et Israël : Zongo a noté que des questions majeures concernant les pays africains sont encore inscrites dans l’agenda du Conseil de Sécurité de l’ONU où la Libye siège en tant que conseiller non-permanent (comme le Burkina Faso qui y a siégé deux ans entre 2008 et 2009). Le Burkina Faso a cependant des difficultés à travailler avec la Libye (un autre membre non-permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU) depuis que le président Blaise Compaoré s’est rendu en Israël en mai, déclare le Premier ministre Tertius Zongo. Le Burkina Faso a mal supporté les remarques du leader libyen Mouammar Kadhafi qui suggèrent que le chef d’un État souverain comme celui du Burkina Faso n’a pas le droit d’aller ou bon lui semble. (…)

Retrouvez le câble original en anglais, ici.
 

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