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Libye : Sarkozy et Cameron à Tripoli, Kadhafi toujours introuvable

Le président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique David Cameron sont arrivés jeudi en Libye, alors que le colonel Kadhafi a diffusé un nouveau message.

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Mis à jour le 15 septembre 2011 à 10:17

mis à jour à 10h50

Interrogé par l’AFP sur une possible venue des deux chefs d’États européens, Moustapha Abdeljalil, le chef du conseil national de transition libyen (CNT), avait répondu par un laconique « si Dieu le veut » avant d’ajouter : « nous disons aux leaders qui viennent (jeudi) qu’ils seront en sécurité », sans toutefois prononcer le nom du Premier ministre britannique.

Ce dernier est pourtant bien arrivé jeudi matin à Tripoli, où il doit rencontrer avec Nicolas Sarkozy les responsables du Conseil national de transition libyen (CNT), a annoncé une porte-parole de David Cameron.

Deux vols distincts étaient prévus au départ de la France, mercredi en fin d’après-midi, avec retour vendredi. Cette visite, évoquée par plusieurs médias français, etait précédée par une mission de « sécurisation », menée par 160 policiers français, qui pourraient éventuellement se rendre à Benghazi.

Sur le terrain, la situation est toujours au statuquo, les offensives annoncées n’ayant pas encore eu lieu sur les bastions pro-Kadhafi : des villes comme Bani Walid, Syrte ou encore Sebha, résistent encore et toujours aux rebelles.

Les avions de l’Otan ont ainsi poursuivi leurs frappes mardi, autour de Syrte et de Waddan, pendant que Moustapha Abdeljalil exigeait mercredi des dignitaires de Bani Walid que les pro-Kadhafi présents dans la ville, remettent leurs armes lourdes aux nouvelles autorités libyennes.

Une famille décomposée

En fuite depuis la chute de son QG aux mains des rebelles, le 23 août, Kadhafi a accusé l’Otan de « terrorisme et de destruction », dans un message diffusé sur la chaîne Arraï basée en Syrie.

« Si Syrte a été isolée du monde pour que ces atrocités puissent être commises contre elle, le monde a l’obligation de ne pas la laisser isolée », a-t-il déclaré. « Le terrorisme et la destruction pratiqués par l’Alliance atlantique dans la région de Syrte sont indescriptibles ».

Kadhafi reste introuvable, même pour l’Otan, alors qu’un mandat d’arrêt international a été émis par la CPI et un avis de recherche international après la diffusion d’une « notice rouge » par Interpol.

Seif el-Islam, le fils de Kadhafi le plus en vue,  reste lui aussi introuvable alors que le clan de l’ancien homme fort se disloque : ses fils Hannibal et Mohamed sont réfugiés en Algérie avec leur sœur Aïcha et l’épouse du guide, Safia, Seif el-Arab et Khamis seraient morts, tandis que Saadi, entré dans le nord du Niger dimanche, est arrivé mardi soir à Niamey où il est « sous bonne garde. »

Premiers débordements

De son côté, l’association Défense-Étrangers en Libye, crée par des Maliens et des Nigériens après le début de la rébellion libyenne en février, a annoncé qu’environ 300 personnes, surtout des Touaregs, étaient détenus et torturés par les autorités de transition.

Sur le plan politique, un leader islamiste libyen, le cheikh Ali Sallabi, a vivement attaqué le numéro deux des nouvelles autorités, Mahmoud Jibril. Contacté par téléphone au Qatar, cheikh Sallabi, a accusé ce dernier de « voler la révolution ». « Les prémisses d’un État totalitaire sont palpables par l’action de Mahmoud Jibril qui cherche à donner à ses proches les moyens de contrôler l’État », a-t-il ainsi déclaré.

Normalisation internationale

Le CNT semble en passe de normaliser ses relations avec la communauté internationale. La Norvège a ainsi annoncée le dégel de 370 millions de dollars libyens, après autorisation du comité de sanction de l’ONU.

Moscou a pour sa part estimé que la menace terroriste se renforçait en Libye, au moment où des responsables américains de la Défense estiment qu’Al Qaïda cherche à s’implanter durablement dans le pays qui vit en ce moment le chaos engendré par la chute de Kadhafi.

Mais à l’issue d’entretiens avec MM. Abdeljalil et Jibril, le sous-secrétaire d’État américain pour le Proche-Orient, Jeffrey Feltman, plus haut responsable américain à visiter Tripoli depuis la chute de la capitale, a affirmé à Tripoli que son pays « respectait la souveraineté de la Libye ».

(AFP)