Politique

Guinée : Alpha Condé demande une « relance immédiate » du dialogue politique avec l’opposition

Le président guinéen Alpha Condé, dont le régime est accusé par l’opposition de gouverner sans concertation, a demandé dimanche « une relance immédiate du dialogue politique ». Son gouvernement a invité les acteurs politiques à une rencontre dès lundi après-midi.

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Mis à jour le 26 septembre 2011 à 11:38

Le président guinéen Alpha Condé invite ses opposants à reprendre le dialogue. © AFP

Alpha Condé calme le jeu. Élu en novembre et investi en décembre 2010 à la tête de l’État guinéen, il « a instruit le gouvernement pour une relance immédiate du dialogue politique ».

De retour d’un périple à l’étranger, le chef de l’État a pris cette décision « après avoir écouté les populations à travers des personnalités de toutes obédiences et dans le souci de renforcer les bases de la démocratie ».

Son premier ministre Mohamed Saïd Fofana a donc invité  « les leaders des partis politiques, les représentants des institutions républicaines et de la société civile » à une réunion à Conakry le lundi 26 septembre à 16h00 (locales et GMT).

L’objectif est de mettre « ensemble (…) en place les bases d’un dialogue politique inclusif dans le strict respect des droits et règlements, et dans la perspective de l’organisation dans les meilleurs délais d’élections législatives transparentes et crédibles », a-t-il expliqué.

Craintes d’affrontements

Cette annonce intervient deux jours avant des manifestations de rue programmées à travers le pays par un collectif d’une vingtaine de partis d’opposition qui dénonce la décision de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) de tenir les législatives le 29 décembre. Ces formations soupçonnent le pouvoir de vouloir frauder aux prochaines élections législatives.

Selon des sources concordantes, le gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, a notifié le 21 septembre à des élus locaux, dirigeants coutumiers et religieux que les manifestations étaient interdites dans la capitale, suscitant dans certains milieux des craintes d’affrontements.

Dimanche, le chef d’état-major général des armées guinéennes, le général Kéléfa Souleymane Diallo, a également appelé les militaires à rester dans les casernes, à l’écart du maintien d’ordre et de toute participation à « un mouvement de foule ».

Favoriser le dialogue et un scrutin consensuel

« Seules les unités de la gendarmerie et de la police sont chargées du maintien de l’ordre pour sécuriser les citoyens et leurs biens », a-t-il notamment expliqué, en mettant en garde ses hommes : « Quiconque sera appréhendé en tenue militaire ou découvert en tenue civile dans un mouvement de foule ou dans une situation irrégulière sera sévèrement sanctionné conformément aux règlements militaires ».

Ces derniers jours, les appels se sont multipliés en faveur du dialogue et d’un scrutin consensuel en Guinée, où des législatives n’ont pas été organisées depuis juin 2002 et où un Conseil national de transition (CNT) fait office de parlement depuis début 2010.

(Avec  AFP)