Politique

Guinée : manifestation à haut risque après l’échec des négociations entre pouvoir et opposition

Mis à jour le 27 septembre 2011 à 10:09

L’opposition guinéenne a décidé de maintenir la manifestation interdite prévue ce mardi contre la tenue des élections législatives le 29 décembre. Elle estime n’avoir obtenu « aucune satisfaction » après la rencontre avec le Premier ministre lundi.

C’est devant le stade du 28 septembre de Conakry, théâtre il y a deux ans presque jour pour jour d’un massacre de civils par l’armée guinéenne, que les militants d’opposition ont prévu de se réunir ce mardi matin pour une manifestation interdite par le gouverneur de la ville.

Ils dénoncent la manière « unilatérale » avec laquelle la date du 29 décembre a été fixée par le pouvoir pour les élections législatives et réclame une « restructuration » de la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

La « relance immédiate du dialogue politique » voulu par le président Alpha Condé pour organiser des législatives « transparentes et crédibles » a tourné court. Une rencontre, organisée ce lundi entre les leaders de l’opposition et le Premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, n’a pas permis d’aplanir les différents. Ce dernier a jugé qu’il s’agissait des débuts d’une « concertation », susceptible de « donner de l’espoir à ce peuple qui en a besoin ». « La paix aujourd’hui est plus que jamais nécessaire à la Guinée » a encore déclaré le Premier ministre, demandant à l’opposition de « renoncer à la marche […] au nom du président de la République [Alpha Condé], du gouvernement et du peuple de Guinée ».

"Aucune satisfaction"

Mais pour le leader de l’opposition Cellou Dalein Diallo, « le gouvernement n’a rien mis sur la table ». « Nous n’avons eu aucune satisfaction par rapport à nos revendications », a-t-il déclaré.

L’opposition réclamait « au moins que les activités de la Commission électorale nationale indépendante par rapport au processus électoral soit suspendues », a-t-il ajouté.
« Le Premier ministre a plutôt placé des arguments économiques en lieu et place des arguments politiques », disant « que si nous manifestons, nous allons faire fuir les investisseurs, que l’argent n’aime pas le bruit », a rapporté l’opposant.

L’opposition dit craindre un « hold-up » électoral lors de ces élections. Elles auraient dû être organisé dans les six mois suivant l’investiture d’Alpha Condé, le 21 décembre 2010.

(avec AFP)