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Cet article est issu du dossier «Affaire Bourgi : tempête sur la Françafrique»

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Politique

Affaire Bourgi : un ancien Premier ministre gabonais confirme l’envoi de « mallettes »

L'ancien Premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong, en août 2009 à Libreville. © AFP

L'ancien Premier ministre gabonais Jean Eyeghe Ndong a assuré mercredi que l'envoi de "valises d'argent" était une pratique courante entre Omar Bongo et "certaines autorités françaises". Il cite également des versements au fondateur du Front National Jean-Marie Le Pen.

« J’en ai entendu parler comme beaucoup mais je n’en ai pas vu personnellement. Mais je sais qu’il a été question de valises d’argent entre le Gabonais et la France. C’était une pratique courante, entre le président de la République gabonaise et certaines autorités françaises », a déclaré Jean Eyeghe Ndong lors d’un entretien à la radio RFI.

« S’agissait-il de l’argent personnel d’Omar Bongo, de l’État gabonais, de l’argent du pétrole ? Je n’en sais rien. Mais les pratiques de valises, c’est réel », a-t-il insisté.

« Il (Omar Bongo, ndlr) m’a dit un jour qu’il a eu quelques gentillesses avec le président de l’extrême droite française (Jean-Marie Le Pen, ndlr). Il me l’a confirmé (…) en disant « ce Monsieur, pourtant il est raciste, mais il n’empêche que je lui ai fait cette gentillesse des valises d’argent » », a-t-il poursuivi.

Pour Jean Eyeghe Ndong, Premier ministre de 2006 à 2009 et aujourd’hui membre de l’opposition gabonaise, « il serait étonnant que ces pratiques aient cessé ».

20 millions de dollars

Il y a deux semaines, l’avocat franco-libanais Robert Bourgi, ancien collaborateur de l’Élysée, a déclenché un séisme politique. Dans une interview accordée à la presse, il accuse l’ex-président français Jacques Chirac et son ancien Premier ministre Dominique de Villepin d’avoir reçu près de 20 millions de dollars de chefs d’État africains entre 1997 et 2005. Suite à ces révélations, la justice française a ouvert le 13 septembre une enquête préliminaire pour tenter de faire la lumière sur cette affaire d’État.

M. Bourgi avait cité Omar Bongo parmi les présidents africains à l’origine de ces fonds. Il avait aussi accusé l’ex-dirigeant d’extrême droite Jean-Marie Le Pen d’avoir reçu des fonds occultes de M. Bongo pour financer sa campagne présidentielle de 1988. Les trois hommes politiques français ont tous démenti ces informations. Chirac et Villepin ont annoncé leur intention de porter plainte en diffamation contre Robert Bourgi, ce qu’a déjà fait Le Pen.

(Avec AFP)

 

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