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Le Niger refuse d’extrader Saadi Kadhafi en Libye

Saadi Kaddafi, à New York en 2006. © AFP

La réponse du Niger à la notice rouge d'Interpol visant Saadi Kadhafi est sans ambiguité. "Pour le moment", le fils de Mouammar Kadhafi aux allures de playboy ne sera pas extradé en Libye, où il est recherché par les nouvelles autorités.

Niamey déboute Interpol de sa requête d’extradition visant Saadi Kadhafi, l’un des fils de l’ex-« Guide » libyen. L’organisation policière internationale avait émis une notice rouge demandant à ses 188 pays membres l’arrestation de l’intéressé, qui a trouvé refuge le 11 septembre au Niger.

Traînant une réputation de playboy, l’ancien footballeur est recherché par Tripoli pour s’être emparé de biens par la force et l’intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football. Plus grave, il aurait été impliqué dans la répression de civils pendant le soulèvement libyen, en tant que commandant d’unités militaires pro-Kadhafi. Depuis mars, il est également soumis à une interdiction de voyager et ses biens ont été gelés par les Nations unies.

« Saadi Kadhafi est en sûreté, en sécurité à Niamey, dans les mains de l’État du Niger, et il n’est pas question de l’extrader en Libye pour l’instant », a expliqué le Premier ministre nigérien, Brigi Rafini, en déplacement à Saint-Brieuc (ouest de la France) pour des entretiens sur la coopération décentralisée.

"Pas poursuivi par la CPI"

« Pour l’extrader en Libye, il faut un accord avec ce pays, et il faut être sûr qu’il aura droit à une défense équitable et à un traitement équitable. Est ce que ces conditions sont rassemblées aujourd’hui ? Non », a-t-il ajouté, en soulignant que Saadi Kadhafi et d’autres responsables libyens en exil au Niger, « ne sont pas à poursuivis par la Cour pénale internationale (CPI) », contrairement à Mouammar Kadhafi, son autre fils Seif El-Islam et son beau-frère Abdallah El-Senoussi, ancien chef des services de renseignement.

« Saadi Kadhafi se trouve toujours en résidence surveillée au Niger », a confirmé de son côté le ministre nigérien des Affaires étrangères Mohamed Basoum interrogé par la chaîne télévision France 24. « Nous sommes signataires des protocoles en vertu desquels Interpol existe et agit. Nous allons être en contact avec les autorités de la Libye et Interpol. Ensemble nous définirons ce que doit être notre attitude. Notre position va toujours se baser sur le droit et ce qu’il prescrit », a-t-il expliqué.

Le ministre affirme par ailleurs avoir d’autres préoccupations beaucoup plus pressantes. « Nous avons une recrudescence des accrochages entre nos forces armées et les hommes qui transportent ces armes, de la drogue, de l’explosif Semtex destiné à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). C’est une situation qui inquiète tout le monde, pas seulement le Niger », a-t-il indiqué.

(Avec AFP)

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