Dossier

Cet article est issu du dossier «Présidentielle camerounaise : Paul Biya, jusqu'à quand ?»

Voir tout le sommaire
Défense

Cameroun : une présidentielle sous haute tension

Affiche appelant à voter pour Paul Biya, le 24 septembre 2011 à Yaoundé. © AFP

Découverte d’une grenade au bureau d’Elections Cameroon à Limbé, fusillade à Douala où 1000 gendarmes ont été déployés en renfort, le décor est planté pour une élection présidentielle qui s'annonce mouvementée.

Au lendemain d’une fusillade sur le pont du Wouri à Douala, la sécurité a été renforcée à tous les points sensibles des principales villes du Cameroun. Jeudi matin, un groupe de cinq individus en treillis militaires, et portant des banderoles avec des messages hostiles au président Paul Biya, a coupé la capitale économique en deux, paralysant toutes les activités durant la matinée.

Plus tard dans la journée de jeudi, toujours, une grenade a été découverte à la représentation d’Elections Cameroon à Limbé, au sud-ouest du pays. Des incidents suffisamment graves pour provoquer une mobilisation générale de tous les services de sécurité, notamment le Bataillon d’intervention rapide, unité d’élite très redoutée de l’armée nationale.

Dès l’ouverture de la campagne de l’élection présidentielle du 9 octobre prochain, le gouvernement avait déjà annoncé la couleur, en déployant du matériel et des hommes pour assurer la sécurité lors du scrutin. À elle seule, la ville de Douala a reçu le renfort de 1000 élèves-gendarmes tandis que le Groupement mobile d’intervention de la police a envoyé au moins 150 éléments en « recyclage » au centre d’instruction de la police de Mutengene, situé à environ 45 kilomètres de Douala. Plusieurs véhicules flambant neufs ont été offerts aux unités de police à travers le pays.

L’oppostition dénonce une manoeuvre du pouvoir

Dans les rues de Douala et Yaoundé, de petits groupes de deux ou trois gendarmes patrouillent à pied dans les rues, sillonnant les abords des meetings électoraux. Jusqu’aux incidents survenus jeudi, la machine semblait parfaitement huilée. Désormais, l’opposition camerounaise dénonce ce qu’elle considère comme une manœuvre du pouvoir pour déployer davantage des troupes dans le pays, en prévision de possibles contestations des résultats.

« L’incident de jeudi n’était qu’une énième manœuvre de diversion du régime RDPC », a réagi la cellule de communication de John Fru Ndi, candidat du Front Social Démocratique (SDF). Le Manidem, parti politique qui a investi Anicet Ekanè pour le scrutin, est plus vindicatif et estime quant à lui que « le régime de M. Biya et M. Biya lui-même seront tenus pour responsables de la situation chaotique vers laquelle le pays s’achemine. (…) Les évènements de Bonabéri [sur le pont du Wouri à Douala, NDLR] sont d’un très mauvais présage. Il n’est pas (trop) tard pour arrêter le drame qui s’annonce ». Mais pour l’instant, la police, la gendarmerie et l’armée veillent au grain…

 

Lire les autres articles du dossier

«Présidentielle camerounaise : Paul Biya, jusqu'à quand ?»

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte