Sécurité

Côte d’Ivoire : Soro réinstalle l’armée et la police au nord

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Guillaume Soro a fait le pari de la réconciliation ivoirienne sans Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro a fait le pari de la réconciliation ivoirienne sans Laurent Gbagbo. © Issuf Sanogo/AFP

Korogho, Séguéla, Bouna, Bouaké, Odienné, Man… Du 1er au 3 octobre, le Premier ministre Guillaume Soro procède en personne à la réinstallation des forces de l’ordre et de défense dans les principales villes du nord de la Côte d’Ivoire. Leur mission : faire appliquer la loi « avec pédagogie » et faire reculer l’insécurité, surtout en milieu rural. Reportage.

Samedi 1er octobre, 8 heures 30. Aéroport de Yamoussoukro. Un Embraer 100 prend son envol pour un voyage d’un peu plus d’une demi-heure. Destination : la ville de Bouna à l’est du pays, non loin des frontières du Ghana et du Burkina. À son bord, le Premier ministre, Guillaume Soro, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, ses collègues des PME et de l’artisanat, Sidiki Konaté, des Eaux et Forêts, Clément Bueko Nabo, et des responsables des différents corps de l’armée.

Durant le trajet, le chef du gouvernement épluche la presse nationale avant de se concentrer sur son allocution du jour. Comme la veille à Korhogo, il procède à la réinstallation des unités des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), de la gendarmerie nationale, de la police nationale, des eaux et forêt et des douanes. Depuis la partition du pays en septembre 2002, elles étaient absentes dans toute la zone septentrionale gérée par dix commandants de zone appartenant aux Forces nouvelles (FN, ex-rebelles).

Engagement tenu

« Je suis venu tenir mon engagement, a expliqué le Premier ministre aux populations de Bouna. Le problème de l’identification est réglé, le président est élu démocratiquement et le gouvernement est légitime. Il y a maintenant une nouvelle armée ou toutes les forces travaillent main dans la main ». Et d’annoncer également le retour des régies financières de l’État et la dissolution de La centrale, institution financière des FN. La cérémonie s’est achevée par un défilé des nouvelles unités déployées.

En début d’après midi, le chef de gouvernement a renouvelé l’opération à Bouaké, ancien quartier général des FN. Dans son allocution, il a confié que le président Ouattara lui avait demandé de lui faire des propositions pour les grands commandements de l’armée sur la base des compétences professionnelles et de l’accord politique de Ouagadougou (qui prévoit une répartition des postes de responsabilité entre FN et FDS, NDLR) ».

C’est ainsi notamment que les anciens comzones, qui régnaient en maîtres sur la région septentrionale, ont été intégrés dans la nouvelle armée. Issiaka Ouattara, alias Wattao (Séguela), est dorénavant le numéro 2 de la Garde Républicaine, Chérif Ousmane (Bouaké) est commandant adjoint du Groupe de sécurité de la présidence de la république (GSPR) et Fofié Kouakou (Korogho) a été nommé à la tête de la Compagnie territoriale de Korhogo (CTK).

Progression de l’insécutité

Dans toute sa tournée, le Premier ministre a exhorté les corps habillés à faire preuve de pédagogie dans l’application de la loi et à mettre fin aux mauvaises pratiques. « Les douaniers, ce n’est pas la peine d’aller dédouaner jusque dans les chambres des habitants », a t-il plaisanté. Plus sérieusement, il a demandé aux populations de réserver un bon accueil aux policiers, gendarmes et autres agents de l’État, invitant particulièrement les opérateurs économiques à s’acquitter des taxes douanières pour permettre à l’État de financer le développement. « Si on veut la normalisation, il faut qu’ils fassent leur travail », a-t-il précisé.

Moins de 100 jours après la mise en place du gouvernement, la réussite de ce processus est capitale pour la reconstruction de la Côte d’Ivoire. À la faveur de la guerre, l’insécurité et le racket ont progressé en dépit des fermes mises en garde du gouvernement. Les autorités ont réussi à rétablir la sécurité dans les grandes villes mais des coupeurs de route et autres rançonneurs continuent d’opérer en milieu rural. « En sécurisant les villes, les malfaiteurs se trouvent à la périphérie, explique Paul Koffi Koffi. Avec le retour des forces républicaines, nous allons rétablir la sécurité sur tout le territoire ». Après Korogho, Séguéla, Bouna et Bouaké, le Premier ministre poursuivra sa tournée de réinstallation des différents corps de l’armée le 3 octobre à Odienné et Man avant de regagner Abidjan.

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Par Pascal Airault, envoyé spécial en Côte d’Ivoire

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