Politique

Algérie : avis de tempête syndicale au mois d’octobre

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia devra jouer serré pour éviter que les grèves se multiplient. © AFP

La rentrée syndicale s'annonce chaude en Algérie, où les préavis de grèves se multiplient. Ce malgré les concessions du gouvernement qui, sous la pression du printemps arabe, évite pour l'instant la case répression.

La tripartite gouvernement-patronat-UGTA (Union générale des travailleurs algériens) n’avait pas commencé le 29 septembre dernier que déjà, les avis de grève fusaient du côté des syndicats autonomes, exclus de la rencontre. À l’issue de celle-ci, l’annonce de la hausse du salaire national minimum garanti (SNGM) de 15 000 DA à 18 000 DA a déçu – l’UGTA visait 20 000 -, et le refus du gouvernement de baisser l’impôt sur le revenu global irrité.

Éducation, santé et agriculture prévoient de se mobiliser dans les semaines à venir, par secteur, mais à des dates rapprochées, avec, entre autres revendications, l’harmonisation des régimes indemnitaires et la reconnaissance des contractuels.

Le Conseil national du secteur agricole (CNSA), en tête de calendrier, a entamé le 2 octobre une grève de quatre jours. Suivront ensuite les ténors syndicaux pour une grève illimitée à partir du 10 octobre. Le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), qui prévoit de se réunir mi-octobre, devrait également rejoindre la contestation. Le 9, une manifestation de chômeurs doit également avoir lieu devant le palais présidentiel, à Alger, en écho à la mobilisation des collectifs de chômeurs du sud du pays, en cours depuis plusieurs semaines, devant les agences nationales de l’emploi de la région.

La rente au service de la paix sociale

Suite à la vague de manifestations qui, dans le contexte des révolutions voisines, a marqué l’actualité algérienne en début d’année, le gouvernement continue de miser sur son joker : la rente des hydrocarbures. Ici, en gonflant les salaires (la masse salariale des fonctionnaires a plus que doublé entre 2008 et 2011), là, en rééchelonnant massivement la dette d’entreprises publiques. Mais, frustrés par des mois de promesses gouvernementales sans effet profond sur l’emploi, les syndicats se disent aujourd’hui prêts à radicaliser leur action.

Un œil sur le déficit budgétaire creusé par la récente politique salariale, l’autre sur les syndicats, dont nombre se plaignent d’être harcelés par les pouvoirs publics, le gouvernement pourrait ultimement avoir un peu moins recours à la carotte pour contenir la contestation. « Le printemps arabe a fait céder le gouvernement algérien sur sa politique économique, analyse Fatiha Talahite, économiste chercheuse au CNRS. Dès que l’effervescence liée aux révoltes arabes retombera, le gouvernement reviendra à une plus grande rigueur budgétaire et, c’est possible, à la répression ».

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