Dossier

Cet article est issu du dossier «Présidentielle camerounaise : Paul Biya, jusqu'à quand ?»

Voir tout le sommaire
Politique

Présidentielle camerounaise : forte abstention, violences et suspicion de fraudes

Le 9 octobre, les Camerounais ne se bousculaient pas dans les bureaux de vote.

Le 9 octobre, les Camerounais ne se bousculaient pas dans les bureaux de vote. © Seyllou Diallo/AFP

Les Camerounais ont répondu aux abonnés absents à l’élection présidentielle de dimanche. Un scrutin a priori entaché de nombreuses irrégularités ou de fraudes et même de violences dans les régions du Sud-Ouest et de l’Ouest.

Mis à jour le 11/10 à 15h00

Le taux d’abstention était la principale inconnue de l’élection présidentielle camerounaise du 9 octobre. Dimanche en mi-journée, les électeurs traînaient encore le pas, dans la plupart des bureaux de vote de la capitale économique Douala.

Dans le 4e arrondissement, à l’école publique de Bonabéri, au moins trois bureaux de vote étaient introuvables. « Le bureau n°1 par exemple n’existe que sur le papier. Nous avons constaté avec le responsable d’Elections Cameroon qu’il n’y a ni liste des inscrits, ni urne, ni responsables désigné pour ce bureau », a affirmé le responsable local du Social Democratic Front (SDF), représentant le candidat John Fru Ndi. Pourtant, un espace avait été spécialement aménagé à ce point de vote pour les personnes handicapées. Il est resté désespérément vide durant toute la journée.

Sur le plateau Joss, les bureaux du centre administratif de Bonanjo ont quant à eux ouvert avec un retard de trente minutes. Et autour de 10 heures, aucune des urnes transparentes n’y avait enregistré plus de dix bulletins. Dans la cour du lycée réquisitionné pour la circonstance, il y avait plus d’éléments des forces de sécurité et de personnel administratif que d’électeurs en attente. Il est vrai que la pluie qui s’est abattue sur Douala dans la matinée a contribué à démotiver de nombreux votants potentiels.

Situation calamiteuse

Dimanche soir, plusieurs candidats n’ont pas attendu le début du dépouillement pour faire le point d’une situation calamiteuse. « Des cas de votes multiples et de corruption des électeurs ont été enregistrés. De nombreux citoyens inscrits errant de centre de vote en centre de vote pour essayer de trouver leurs cartes d’électeurs. Des représentants des partis politiques dont ceux du Manidem (…) n’ont pas pu avoir accès à des bureaux de vote dans plusieurs localités. Ceux qui y ont été admis ont été exclus au moment du dépouillement », a déploré le Manidem, parti du candidat Anicet Ekanè.

Enfin, au Sud-Ouest, des gendarmes qui allaient participer aux opérations de sécurisation du scrutin ont été attaqués dans la localité d’Isanguele, dans la péninsule de Bakassi. L’attaque a fait deux morts et deux disparus parmi les forces camerounaises. À l’Ouest, Virginie Takoguem, mandataire du SDF, a été battue à mort par des responsables locaux du RDPC au pouvoir, alors qu’elle protestait contre des fraudes à l’École publique de Keng-Bandjoun.
 

Lire les autres articles du dossier

«Présidentielle camerounaise : Paul Biya, jusqu'à quand ?»

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte