Politique

Sénégal : Wade affirme qu’il sera « bel et bien candidat » à la présidentielle de 2012

Le chef de l’État sénégalais Abdoulaye Wade affirme qu’il sera candidat à sa propre succession et qu’il va « terrasser » ses concurrents dès le premier tour de l’élection présidentielle prévue en février 2012.

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Mis à jour le 10 octobre 2011 à 20:39

Abdoulaye Wade a affirmé qu’il serait candidat en 2012. © AFP

Agé de 85 ans et au pouvoir depuis 2000, Abdoulaye Wade sera « bel et bien candidat » à sa propre succession en 2012. Le président sénégalais l’a (ré)affirmé lundi à Dakar, en réponse à ses opposants qui lui ont fixé un ultimatum fixé à la fin d’octobre, lui demandant de ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.

« Pour éclairer définitivement la lanterne des Sénégalais, je dis ici, et vous pouvez l’écrire, que je serai bel et bien candidat si Dieu me prête vie », a déclaré le chef de l’État dans un entretien accordé au quotidien sénégalais Le Pays (privé).

« Je vais tous les terrasser dès le premier tour », prévu le 26 février 2012, dit-il en parlant de ses futurs concurrents. « Sans prétention, je crois mordicus que je vais les coiffer au poteau (…) », ajoute-t-il. Abdoulaye Wade condamne également avec vigueur les critiques liées à son âge qui, selon lui, n’intéressent que « les Occidentaux ».

"Mon âge. Voilà un sujet qui me révulse"

« Nous, en Afrique, on ne s’attarde pas sur ces détails. Aucun Africain ne demande à l’autre son âge, parce que les Africains s’occupent seulement de la santé, de la vie et de la mort », a-t-il assuré. Selon lui, « ce débat doit être tranché par les seuls Sénégalais qui connaissent, à peu près, mon âge. Voilà un sujet qui, pour vous dire la vérité, me révulse », a-t-il déclaré. Avant d’ajouter : « Si le peuple (…) s’aperçoit que je ne suis pas apte pour le diriger, il ne m’élira pas. Mais, qui va mourir, qui va vivre? Laissons de côté cette question qui ne tient pas la route ».

Les organisations de la société civile estiment que le chef de l’État ne peut pas se représenter car l’exercice de ses fonctions est limité à deux mandats depuis 2001. Elles ont exigé qu’il annonce fin octobre le retrait de sa candidature, menaçant de multiplier les manifestations de rue pour le forcer à ne pas se représenter.

Au final, la question de la validité de la candidature de Wade sera tranchée par le Conseil constitutionnel, qui doit se prononcer le 27 janvier [Lire : Le Conseil constitutionnel sénégalais sous pression]. Abdoulaye Wade a affirmé qu’il respectera la décision des Sages : « Si ma candidature est invalidée, je ne sourcillerai pas à partir, je me retirerai ».

(Avec AFP)