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Politique

Cameroun : les États-Unis dénoncent une élection présidentielle entachée d’irrégularités

Une électrice camerounaise le 9 octobre dans une banlieue de Yaoundé. © AFP

L’ambassadeur des États-Unis au Cameroun a dénoncé jeudi des "irrégularités à tous les niveaux" en ce qui concerne l’élection présidentielle camerounaise, dont l’opposition a refusé les résultats par avance.

L’opposition, qui qualifie l’élection présidentielle camerounaise de « mascarade », n’est pas la seule à dénoncer de nombreuses irrégularités autour de ce scrutin. Les États-Unis se sont prononcés jeudi sur le sujet : « Le jour du scrutin, nos observateurs ont noté des incohérences et des irrégularités à tous les niveaux, ainsi que des difficultés techniques de la part d’Elecam (Elections Cameroon, la commission électorale) dans l’administration de l’élection », a estimé l’ambassadeur des États-Unis au Cameroun, Robert Jackson.

Dans ses observations, le diplomate a relevé des problèmes dans la manière dont « les listes électorales ont été conçues et gérées, laissant libre cours aux votes multiples ». « Le manque de formation des agents électoraux et d’éducation des électeurs concernant la manière de voter était apparent », a-t-il ajouté, critiquant également le fait que « l’encre qui devrait être utilisée pour empêcher les votes multiples n’était pas indélébile, et les responsables des bureaux de vote ne prenaient pas la peine de vérifier les pouces des électeurs ».

La France avait, par la voix de son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, estimé mardi que l’élection avait eu « lieu dans des conditions acceptables », tout comme l’équipe d’observateurs du Commonwealth, pour qui le scrutin avait été exempt de « coercition ».

15 recours en annulation rejetés

L’opposition au président Paul Biya ne l’entend pas de cette oreille. Elle a déposé 15 recours en annulation à la Cour Suprême, tous rejetés par cette dernière instance, et déjà prévenu qu’elle rejetait a priori les résultats du vote, accusant le chef de l’État sortant qui brigue un sixième mandat, d’avoir verrouillé l’élection en sa faveur.

Ce à quoi le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), parti du président Biya, avait rétorqué mardi « certains partis politiques (…) au mépris de la légalité républicaine, de lancer des appels injustifiés et inadmissibles au désordre et à la violence ».

L’ambassadeur des États-Unis s’est aussi permis d’émettre des critiques contre une opposition désunie  qui a « présenté 22 candidats (face au président Paul Biya). Il y a lieu d’émettre des réserves quant au sérieux de cette opposition et des candidats (…) les partis d’opposition doivent s’unir s’ils veulent proposer une alternative crédible », a-t-il ajouté.

(Avec AFP)

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