Politique

G20 Développement : tour de chauffe à Paris

| Par Jeune Afrique
Nicolas Sarkozy souhaite créer une taxe sur les opérations financières en France et en Allemagne.

Nicolas Sarkozy souhaite créer une taxe sur les opérations financières en France et en Allemagne. © AFP

C’est en présence de Nicolas Sarkozy que s’est déroulée à Paris, le 21 octobre au ministère de la Coopération, une conférence intitulée « G20 développement : des solutions pour un nouveau monde. » Depuis Séoul, en 2010, le G20 comprend en effet un volet développement qui doit en théorie comporter un train de mesures favorables aux pays du Sud.

La manifestation du 21 octobre 2011, ouverte à la société civile avec notamment la présence du Sénégalais Mamadou Cissokho, président d’honneur du Réseau des organisations paysannes et des producteurs de l’Afrique de l’Ouest (ROPPA) -, a servi de galop d’essai quinze jours avant le sommet du G20 qui se tiendra à Cannes, les 3 et 4 novembre prochains, sous la présidence française.

Nicolas Sarkozy peine à convaincre

« Le soutien aux pays en développement est un élément majeur de la relance de l’économie mondiale », a expliqué Nicolas Sarkozy. « Augmenter la croissance dans les pays pauvres, stimuler la demande domestique, réduire les inégalités, c’est donner aux pays en voie de développement un dynamisme capable de tirer l’ensemble de l’économie mondiale. »

Le soutien aux pays en développement est un élément majeur de la relance de l’économie mondiale.

Nciolas Sarkozy, Président de la république française

Un discours qui n’a pas convaincu l’ensemble des participants. « Au-delà des grandes idées avancées par le G20, il faut rappeler que la promotion de l’agriculture dans les pays riches s’est faite sur la base de l’investissement public, il faut que l’Afrique bénéficie aussi de ce modèle. De plus, il faut que les ressources transférées illégalement dans les pays du G20, comme on le voit à chaque fois qu’un gouvernement tombe, soient rapatriées et restituées aux peuples. Enfin, il faut revoir les principes de la Banque mondiale et du FMI et arrêter de tout vouloir privatiser, c’est-à-dire enlever les biens aux Africains pour les donner à d’autres », a lancé de son côté Mamadou Cissokho.

Pour être plus précis dans ses objectifs, le président français a expliqué : « J’ai demandé au G20 de concentrer sa réflexion et son énergie sur quatre domaines principaux : la sécurité alimentaire, les infrastructures, la protection sociale et le financement du développement. » 

"Un socle de protection sociale pour tous"

En matière de sécurité alimentaire, la nécessité de constituer des stocks d’urgences devrait être affirmée, d’ailleurs la CEDEAO (Communauté économiques des États d’Afrique de l’ouest) s’est portée candidate pour en créer dans sa zone.

En matière d’infrastructures, le panel piloté par le franco-ivoirien Tidjane Thiam, le patron du groupe d’assurances britannique Prudential, doit proposer au G20 de Cannes entre 10 et 15 projets régionaux d’infrastructures. « On saura par qui seront portés ces projets et par qui ils seront financés », assure Henri de Raincourt, le ministre de la Coopération.

Concernant le volet social, le G20 contribue à mettre en place une protection sociale pour tous. « C’est un élément fondamental pour le développement des pays », a milité Iolanda Cintura, ministre pour les femmes et l’Action sociale du Mozambique.  « La crise a agi comme un accélérateur pour amener les chefs d’États et de gouvernements à se prononcer pour un socle de protection sociale pour tous, aussi bien pour des raisons humanistes, économiques et de cohésion sociale », a justifié Gilles de Robien, chargé par le président de la République de la coordination et de la conduite politique des travaux relatifs au volet social du G20.

Il sera difficile au président français d’imposer au reste du monde ce qu’il n’a pu obtenir de ses troupes de l’UMP.

Quid du financement ?

Reste l’inconnue de taille : le financement du développement. Le projet de taxe financière poussé par Nicolas Sarkozy aboutira-t-il vraiment ? Rien n’est moins sûr. Le 18 août, le président français et la chancelière allemande Angela Merkel tombaient d’accord pour essuyer les plâtres et créer une taxe sur les opérations financières en France et en Allemagne. Malheureusement pour le président français, la majorité présidentielle a rejeté le 20 octobre à l’Assemblée nationale l’amendement qui devait créer une taxe financière en France… Le couac sera-t-il effacé d’ici le G20 de Cannes ? Si non, il sera difficile à Sarkozy d’imposer au reste du monde ce qu’il n’a pu obtenir de ses troupes de l’UMP.    

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