Politique

Tunisie : les tractations avec Ennahdha ont commencé

Des dirigeants d'Ennahdha, le 24 octobre à Tunis. © Lionel Bonaventure/AFP

Le parti Ennahdha arrive en tête des résultats partiels de l’élection pour l’Assemblée constituante communiqués mardi par la Commission électorale tunisienne. Les négociations commencent afin de dégager une majorité.  

Les résultats de l’élection du 23 octobre communiqués par la Commission électorale Isie sont seulement partiels, mais donnent déjà une idée du rapport de force au sein de la futur Assemblée constituante tunisienne : le parti islamiste Ennahdha obtient 28 des 55 sièges dans les neuf circonscriptions où le dépouillement a été achevé. Avec les neuf sièges obtenus à l’étranger, il peut déjà compter sur 37 élus dans la future assemblée de 217 membres.

Bien que s’imposant comme force dominante, Ennahdha ne pourra gouverner seul, et devra, pour dégager une majorité, négocier avec des formations de gauche, notamment le Congrès pour la République (CPR, gauche nationaliste) de Moncef Marzouki et Ettakatol de Mustapha Ben Jaafa, deux anciens opposants. Les deux partis obtiennent respectivement 9 et 4 sièges.

Ettakol candidat à la présidence intérimaire

Sans même attendre les résultats définitifs et complets, Mustapha Ben Jaafar, a annoncé que les discussions pour la constitution d’un exécutif après l’installation de l’Assemblée constituante avaient commencé, notamment avec les islamistes d’Ennahdha.

« Les discussions ont commencé avec tous les partenaires politiques, y compris Ennahdha, et se poursuivent en attendant l’annonce des résultats définitifs », a-t-il précisé tout en se disant personnellement « prêt à assumer les plus hautes responsabilités si un consensus se dégage ». Ettakatol a annoncé dès mardi soir depuis Bruxelles sa candidature à la présidence intérimaire du pays.

De son côté, Nourredinne Bhiri, dirigeant d’Ennahdha a confirmé que « les discussions étaient bien engagées et portaient sur la formation d’un gouvernement de large union, où personne ne sera exclu, sauf ceux qui refusent d’y participer ».

Le CPR aussi compte bien s’allié au islamistes. Accusé par ses vieux alliés de gauche de « pactiser avec le diable », Marzouki a défendu la nécessité d’une large union nationale pour former une équipe solide ayant « les moyens de gouverner ». Il a toutefois fermement démenti avoir passé une quelconque alliance avec Ennahdha avant le scrutin, même si des contacts ont été noués entre le CPR et les islamistes avant le scrutin.

La surprise de la "Pétition populaire"

Pour le Parti démocrate progressiste (PDP, centre) donné second dans les sondages, ces résultats (4 sièges) partiels sont très décevants. Sa secrétaire générale Maya Jribi a reconnu sa défaite lundi, en précisant que son parti se rangerait désormais dans le camp de l’opposition face à la future majorité islamiste.

La coalition de gauche Pôle démocratique moderniste (PDM), emmenée par Ahmed Brahim, a affirmé avoir « toujours appelé à une alliance des forces démocratiques » et qu’elle resterait « fidèle à cette ligne ». Le Pôle grossira également les rangs de l’opposition

Dans les neuf circonscriptions où le dépouillement a été achevé, la liste « Pétition populaire pour la justice et le développement », dirigée par le millionnaire tunisien Hechmi Haamdi, qui a fait campagne depuis la Grande-Bretagne par le biais de sa télévision satellitaire Al Mostakilla, regardée en Tunisie, crée la surprise en arrivant à égalité avec le CPR avec 9 sièges.

Une élection « libre » et « transparente », malgré quelques « irrégularités mineures »

La « Pétition populaire » fait déjà l’objet de plaintes, en France et en Tunisie, pour le non-respect des règles de campagne, notamment pour l’utilisation abusive du média privé du millionnaire et pour l’opacité de son financement.

Les observateurs internationaux ont généralement salué une élection « libre » et « transparente », malgré quelques « irrégularités mineures ».

(Avec AFP)
 

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