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Économie

L’ARSTM forme l’élite de la marine marchande ouest-africaine

Fin 2012, l'ARSTM s'est dotée de simulateurs de navigation.

Fin 2012, l'ARSTM s'est dotée de simulateurs de navigation. © ARSTM

L’Académie régionale des sciences et techniques de la mer forme l’élite de la marine marchande ouest-africaine. Après plusieurs années de flottement, l’institution ivoirienne revient au premier plan.

Face à la lagune Ébrié, à l’extrémité de la commune de Yopougon, l’Académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM) d’Abidjan forme depuis 1987 l’élite de la marine marchande ouest-africaine. De la Mauritanie à la RD Congo, quinze pays francophones y envoient leur contingent, quand leurs voisins anglophones se tournent vers l’institution jumelle d’Accra.

Bâti sur 30 ha, le campus tranche avec les constructions anarchiques du quartier populaire qui l’entoure. Ici, l’atmosphère est quasi militaire. Tous les matins, les élèves se rassemblent pour le lever des couleurs ivoiriennes. « Rigueur et discipline sont deux composantes importantes de notre enseignement », explique le lieutenant-colonel Karim Coulibaly, directeur général de l’ARSTM depuis neuf ans.

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Au total, l’académie accueille plus de 700 élèves et forme au sein de trois établissements des futurs officiers supérieurs, des spécialistes de la maintenance, des matelots et mêmes des professions auxiliaires au transport maritime, comme des consignataires ou des transitaires. Mais la principale vitrine de l’institut reste sans conteste le cursus qui prépare au métier de capitaine au long cours : les candidats, titulaires d’un bac scientifique, doivent suivre sept années d’études.

Planétarium

Cette formation incluant trois ans de stage en mer, « la principale difficulté consiste à trouver des engagements pour nos élèves, car les pays africains n’ont plus de navires », indique Karim Coulibaly. Afin de placer ses étudiants, l’école a signé des conventions avec les principaux armateurs mondiaux, dont le français CMA CGM, le danois Maersk et le suisse Mediterranean Shipping Company. Une fois diplômés, les capitaines (une quinzaine cette année) pourront espérer un salaire oscillant entre 1 000 et 1 500 euros par mois (de 650 000 à 980 000 F CFA) et « leurs perspectives professionnelles sont bonnes, car il y a un déficit d’officiers au niveau mondial », assure Karim Coulibaly.

Arstm-Abidjan ARTSMTels les marins de l’antiquité, les officiers apprennent à s’orienter en observant les constellations dans le planétarium de l’ARSTM. Mais ils sont aussi rompus aux techniques les plus modernes. Fin 2012, leur école a reçu une série de simulateurs de navigation offerts par l’Organisation maritime internationale (OMI). Ce don, d’une valeur de 750 000 euros, est providentiel pour l’académie, dont le budget de 1,2 million d’euros ne permet pas de tels investissements. « Si tous les États paient la scolarité de leurs étudiants, seule la Côte d’Ivoire est à jour de ses cotisations. Les arriérés s’élèvent à plusieurs millions d’euros », déplore le lieutenant-colonel Coulibaly, qui compte sur le développement des formations destinées aux salariés des secteurs maritime et pétrolier pour équilibrer son budget.

Tempête virtuelle

Grâce aux simulateurs, les apprentis capitaines passent une centaine d’heures par an sur le pont d’immenses porte-conteneurs virtuels. Tempêtes, menaces de collision, pannes de moteur… Les situations les plus périlleuses sont testées dans des conditions proches du réel, avant de donner lieu à des débriefings avec les enseignants. Incontournable pour les élèves, l’arrivée de ce matériel dernier cri a également permis à l’ARSTM de se conformer aux exigences internationales, après plusieurs années de flottement imputable à la crise politique ivoirienne. Autre gage du retour de l’académie au premier plan : l’obtention en mai de la certification qualité ISO 9001. De quoi envisager un peu plus sereinement l’audit programmé par l’OMI en janvier 2014. Pays membres Bénin, Burkina, Cameroun, Centrafrique, Congo, RD Congo, Côte d’Ivoire, Gabon, Guinée, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad, Togo

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