Politique

Côte d’Ivoire : l’affaire Kieffer relancée

Le juge français Patrick Ramaël est de nouveau en Côte d’Ivoire pour son enquête sur les affaires Guy-André Kieffer et Xavier Ghelbert. Il a recueilli de nombreuses confidences d’anciens proches du pouvoir de Laurent Gbagbo mais bute sur la non-coopération de Séka Séka, l’ancien aide de camp de Simone Gbagbo.

Mis à jour le 8 novembre 2011 à 15:12

Le juge français Patrick Ramaël a de nouveau foulé le territoire ivoirien fin octobre, pour une quinzaine de jours, avec pour objectif de boucler deux dossiers chauds. D’une part l’affaire Kieffer, du nom du journaliste franco-canadien disparu à Abidjan, le 16 avril 2004, et de l’autre celle du bref enlèvement, le 7 novembre 2004, de l’avocat Xavier Ghelbert, lors d’une mission pour un audit sur la filière café-cacao pour le compte de l’Union Européenne.

«  C’est le dernier voyage du juge Ramaël à Abidjan pour ces affaires. Il a pu compiler de nombreux éléments situant les responsabilités des uns et des autres, confie une source proche du dossier. Maintenant, il s’agit de reconstituer le puzzle pour aller à un procès, un procès qu’il préfère voir se tenir en Côte d’Ivoire ».

Révélations

Jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo, la justice ivoirienne privilégiait une piste liée à des citoyens français. Depuis, elle a abandonné cette hypothèse, faute de preuve suffisante. Lors de son précédent voyage en Côte d’Ivoire, en mai dernier, Patrick Ramaël avait entendu Jean-Tony Oulai, l’un des principaux suspects qui avait réussi à quitter le territoire français en début d’année, malgré son contrôle judiciaire.

Plusieurs responsables de premier plan de l’ancien régime ont d’ailleurs contacté directement les services du juge français pour faire des révélations au magistrat français. Mais, pour le moment, celui-ci a pour priorité de parvenir à faire collaborer le commandant de gendarmerie Anselme Séka Yapo alias « Séka Séka », l’ancien aide de camp de Simone Gbagbo, l’ex-Première dame toujours en détention dans le nord du pays.

"Séka Séka, l’acteur clé"

En 2009, le commandant avait été entendu en tant que témoin par le juge français. « Séka Séka est un acteur clé dans ses affaires. À l’époque, il bénéficiait de la protection du régime de Laurent Gbagbo et il était impossible de le faire parler », confie une source judiciaire. Arrêté le 15 octobre à Abidjan dans un avion en partance pour Conakry, l’ex-aide de camp est détenu au secret par les autorités ivoiriennes. Selon nos informations, celui-ci ne semble pas vouloir collaborer pour le moment avec le juge Ramaël.