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Cet article est issu du dossier «Présidentielle et législatives 2011 en RDC»

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Droits de l’homme

RDC : Crimes contre la démocratie

Par Tshitenge Lubabu M.K.

Avant même la tenue du scrutin, les élections présidentielle et législatives du 28 novembre en RDC n’ont pas fini de nous surprendre. Que des gens irresponsables et intolérants s’arrangent pour créer un climat de violence parce qu’ils confondent démocratie et combats de rue, passe encore. Mais une chose qui laisse encore plus perplexe, c’est le trafic de cartes d’électeur.

Dans certaines provinces, des villageois ont été attaqués par des inconnus qui, sous la menace de leurs armes, les ont contraints à leur remettre leur carte d’électeur. D’autres citoyens, pour résoudre des problèmes existentiels, ont été amenés à céder leur passeport électoral aux hommes de main de quelque candidat sans foi ni loi, contre une poignée de dollars ou de francs congolais. À quels usages ces cartes arrachées ou achetées sont-elles destinées ? Bourrer les urnes ? Réduire le nombre des votants ?

Quelle que soit la finalité de cette pratique, le tort causé aux électeurs qui ne pourront plus user de leur droit constitutionnel – élire leurs représentants à la tête de l’État et à l’Assemblée nationale – est immense. Il s’agit d’une atteinte grave aux droits de l’homme. Ces actes vont, à n’en point douter, fausser, on se sait pas encore dans quelle proportion, les résultats de ces élections. Et les personnes rackettées ne savent pas à quel saint se vouer. Porter plainte ? C’est, à priori peine perdue, car la carte d’électeur est en même temps une carte d’identité. Quant à ceux qui auraient vendu le précieux document, ils voudraient le récupérer qu’ils ne le pourraient pas : ils ne connaissent pas les vrais commanditaires de ce marché noir.

Plusieurs questions me viennent à l’esprit. Je me demande comment des individus normalement constitués peuvent monter de telles opérations dans le seul but de conquérir le pouvoir. S’ils sont aussi intelligents qu’ils le font croire, pourquoi ne contribuent-ils pas positivement à la recherche des solutions aux maux dont souffre la République démocratique du Congo ? Je me demande pourquoi des citoyens qui ont librement adhéré au processus électoral peuvent, le moment venu, en sortir contre quelques sous. Il y a un problème.

Je refuse de croire que la paupérisation très avancée des populations congolaises explique ce comportement irrationnel. Mais que veulent les gens, en fin de compte ? Des dirigeants illégitimes ou ceux choisis librement par eux-mêmes ? Empêcher l’expression d’une voix ou vendre sa voix pour s’acheter une bière c’est, selon moi, un crime contre la démocratie.

 

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