Politique

Tunisie : l’Assemblée constituante élit Ben Jaafar au perchoir

| Par Jeune Afrique
L'Assemblée constituante de Tunisie siège dans son parlement, le 22 novembre 2011 à Tunis.

L'Assemblée constituante de Tunisie siège dans son parlement, le 22 novembre 2011 à Tunis. © AFP

À l’ouverture des travaux de l’Assemblée constituante tunisienne, mardi 22 novembre, le leader d’Ettakatol Mustapha Ben Jaafar en a été élu président. Récit d’une journée historique.

Comme prévu, le chef d’Ettakatol (gauche), Mustapha Ben Jaafar, 71 ans, a été élu président de l’Assemblée constituante tunisienne, à l’ouverture des travaux de cette dernière, mardi 22 novembre. L’ex-opposant à Ben Ali a recueilli 145 voix contre 68 à Maya Jribi, dirigeante du parti de centre-gauche PDP. Une élection qui résulte d’un compromis entre Ettakatol (20 élus), le Congrès pour la République (CPR, 29 élus) et les islamistes d’Ennahda (89 élus).

Dans les prochains jours, l’Assemblée doit valider la suite de l’accord de partage du pouvoir conclu entre ces trois formations. Le dirigeant du CPR Moncef Marzouki, doit ainsi être porté à la présidence du pays, et Hamadi Jebali, 62 ans et numéro 2 d’Ennahda, à la tête du gouvernement.

Ben Jaafar a promis qu’il resterait « fidèle aux objectifs de la révolution ». Il s’est dit « fier » et « confiant dans l’avenir de son pays ». Pour cette première séance, les députés ont également établi un projet de règlement intérieur qui définit le fonctionnement de la Constituante. Les traits d’humour du président de la séance, le doyen Tahar Hamila, mais aussi des altercations et des couacs ont rythmé une journée souvent qualifiée d’« historique » par les députés.

Hymne national et sourate

Les élus de la liste indépendante « Pétition populaire » de l’homme d’affaires Hachemi Hemdi, numériquement la troisième force de l’Assemblée avec 26 sièges, s’estiment en particulier victimes de dénigrement et de mépris de la part de leurs collègues. Lesquels les suspectent d’être liés avec l’ancien régime.

À l’ouverture de la séance, les députés ont chanté l’hymne national tunisien, avant de réciter la première sourate du Coran, en hommage aux « martyrs » de la révolution tunisienne, dont les quelque 300 noms ont été énumérés.

« Que vive notre pays ! Dieu est témoin que j’ai assumé mes fonctions pour mettre le pays dans des mains sûres à l’Assemblée constituante », a déclaré, sous les applaudissements, le président tunisien par intérim Fouad Mebazaa.

"Immense bonheur"

Le chef d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a exprimé lors d’une suspension de séance son « immense bonheur » de voir se mettre en place une « première assemblée constituante élue démocratiquement ». Moncef Marzouki a de son côté fait part de son « sentiment d’émerveillement » face à l’installation de « la première chambre représentative » du peuple tunisien.

Avant l’ouverture de la séance, quelques centaines de personnes ont manifesté devant le palais du Bardo pour rappeler aux députés que la société civile « les a à l’œil », selon la formule d’un manifestant. Femmes démocrates, familles des « martyrs » de la Révolution, représentants de la société civile, brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire: « ne touchez pas au Code du statut personnel » (de la femme), « non à l’extrémisme », « n’oubliez pas les martyrs ».

(Avec AFP)
 

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