Politique

Rapt de deux Français au Mali : sur la piste des ravisseurs

Mis à jour le 24 novembre 2011 à 19:32

Philippe Verdon et Serge Lazarevic : selon une source municipale malienne, ce sont les noms des deux Français enlevés par des hommes armés non identifié dans la petite ville d’Hombori, entre Mopti et Gao, dans le Nord-Mali. Un rapt qui porte la griffe d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Mis à jour le 25/11 à 11 heures 17

« C’est ce jeudi vers 1 heure 30 du matin que j’ai reçu le coup de fil m’annonçant l’enlèvement de deux géologues français venus effectués des travaux sur la cimenterie d’Hombori », dit Hamidou Djiré, le sous-préfet de la ville. Les deux hommes étaient venus en mission le 22 novembre dernier, au compte de la Banque Mondiale, selon des informations encore non confirmées. «Il s’agit de Philippe Verdon et Serge Lazarevic, deux hommes d’une cinquantaine-soixantaine d’année », précise Amadou Beidy Maiga, le maire d’Hombori.

Selon lui, « les deux hommes ont été enlevés à l’hôtel Doumbia par une dizaine de hommes armés. Ceux-ci ont parlé en français au personnel de l’hôtel, leur disant qu’ils n’étaient pas venus pour eux mais pour les Blancs. Ils ont ligoté les employés avant d’amener les deux Français dans l’arrière de leur voiture. Entre eux, ils parlaient tamasheq ». Le mode opératoire rappelle celui employé par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans de nombreuses opérations similaires.

"Un complice des ravisseurs a pris du thé avec les Français"

« Personne n’a vu la direction prise par les ravisseurs, mais nous explorons deux pistes. Une au Nord qui amène au fleuve Niger, qu’on peut traverser à partir du village de Didi pour gagner le grand Nord malien ; et la deuxième mène vers l’Est, où les ravisseurs peuvent se cacher dans des collines et une forêt dense ».

« Un homme enturbanné de teint clair a passé la nuit avec les Français et est parti avec les ravisseurs », confie le gérant du campement Kaga Tondo, Dabou Maouloud, dont l’établissement se situe près de l’hôtel Doumbia. « Effectivement, une personne inconnue est rentrée à l’hôtel vers 12 heures hier [23 novembre, NDLR], confirme le sous-préfet d’Hombori. Il a demandé au gérant de lui louer une chambre. Au petit soir, il est parti se ballader et vers 19 heures, il a pris du thé avec les deux français ».

Un suspect interrogé

Hamidou Djiré ajoute que « la gendarmerie a arrêté un suspect qui est à l’interrogatoire. Il s’agit du guide des Français, Ibrahim Ag ». L’enlèvement porte le nombre des otages français d’Aqmi à 6, et jette une ombre sur le projet de cimenterie d’Hombori, que la population espérait voir démarrer dans les mois à venir.

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Par Baba Ahmed, à Bamako