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Cet article est issu du dossier «Maroc : législatives anticipées 2011»

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Politique

Maroc – Législatives : après la victoire du PJD, Benkirane vise la Primature

S'il est nommé Premier ministre par le roi, Benkirane doit encore négocier avec les partis. © AFP

En remportant plus du quart des sièges de députés lors des législatives anticipées du 25 novembre, les islamistes marocains du PJD accèdent pour la première fois au pouvoir. Mais pour gouverner, leur secrétaire général Abdelilah Benkirane doit obligatoirement trouver un compromis avec d'autres partis, notamment l'Istiqlal et l'USFP. Est-il l'homme de la situation ?

Mis à jour à 14 h 12.

La large victoire des islamistes du Parti justice et développement (PJD, 107 sièges sur 395 – contre 47 députés sur 325 dans la précédente chambre) propulse pour la première fois son secrétaire général, Abdelilah Benkirane, 57 ans, au rang de principal premier-ministrable du Maroc. Pour exprimer une nouvelle fois son envie de prendre le pouvoir dans le respect des institutions, l’intéressé a réitéré son allégeance au roi Mohammed VI qui, selon la nouvelle Constitution, devrait nommer le leader du parti vainqueur aux élections à la tête du gouvernement.

« Le roi est le chef de l’État et aucune décision importante ne peut être prise en Conseil des ministres sans la volonté du roi », a ainsi dit Benkirane aussitôt après l’annonce des résultats officiels, dimanche soir, lors d’une allocution au siège de son parti à Rabat.

Besoin d’alliance gouvernementale

Mais pour réussir à prendre le pouvoir, le leader du PJD doit réussir à former un gouvernement avec les principaux partis représentés au Parlement. Ce qui n’est pas gagné, tant sa personnalité éruptive suscite de rejet au sein de la classe politique marocaine.

Selon des chiffres définitifs transmis par le ministère de l’Intérieur, le parti Istiqlal (indépendance) de l’actuel Premier ministre Abbas El Fassi est arrivé deuxième en obtenant 60 sièges, suivi par le Rassemblement national des indépendants (RNI) du ministre de l’Économie et des Finances Salaheddine Mezouar (52 sièges),

Conscient de cette réalité complexe, Abdelilah Benkirane a déclaré avoir « besoin d’alliances pour travailler ensemble. (…) On va attendre la nomination par le roi Mohamed VI d’un chef de gouvernement pour commencer les concertations avec les autres partis politiques », a-t-il ajouté. Plusieurs partis de l’actuel gouvernement se sont déjà déclarés prêts à participer à ces concertations, parmi lesquels l’Istiqlal ainsi que l’Union socialiste des forces populaire (USFP).

Parcours fulgurant

Passé de neuf députés en 1997 à plus du quart du Parlement aujourd’hui, le parcours du PJD – mouvement à la fois « islamiste »  et « monarchiste » – a été fulgurant. Un élément moteur de sa victoire a été une participation historiquement en hausse, s’établissant à 45,4%, alors que celle-ci s’était constamment réduite depuis les premières élections législatives en 1963 (67% en 1984, 62% en 1993, 58% en 1997, 50% en 2002 et 37% en 2007). Un facteur qui assure de la légitimité aux réformes entreprises par le Makhzen, notamment celles de la Constitution pour accompagner le Printemps arabe.

Enfin, Benkirane a assuré que « l’Occident » n’avait rien à craindre du PJD. « On n’a pas besoin de le rassurer, il l’est déjà », a-t-il expliqué, en soulignant ses priorités : « la démocratie et la bonne gouvernance ». De fait, la France et l’Union européenne, principaux partenaires économiques du royaume ont également salué les élections. Le chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton, a quant à elle invité les Marocains à se saisir de ela tâche difficile de bâtir la démocratie ».

(Avec AFP)

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