Défense

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo comparaît devant la CPI pour la première fois

Le transfert de Gbagbo à la CPI a fait la Une de la presse ivoirienne le 1er décembre.

Le transfert de Gbagbo à la CPI a fait la Une de la presse ivoirienne le 1er décembre. © AFP

Le processus menant à un procès de Laurent Gbagbo devant la CPI est désormais engagé. Lors de la première comparution de l’ancien président ivoirien, ce lundi à La Haye, la défense va devoir affûter ses armes.

Mis à jour à 14 h 35.

La comparution initiale de Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (CPI) a commencé à 14 heures locales (13 heures GMT). Les juges se sont bornés à vérifier son identité et le fait qu’il a bien été informé des quatre charges de crimes contre l’humanité qui pèsent sur lui : meurtre, viol, actes inhumains et persécution commis pendant la crise postélectorale ivoirienne, entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

« Bonjour madame la présidente, je vous remercie de me laisser prendre la parole, je m’appelle Laurent Gbagbo », a répondu l’ancien président à la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, qui lui demandait de se présenter, peu après le début de l’audience vers 14 heures. Laurent Gbagbo siège avec son avocat, Me Altit, à gauche des juges. Face à lui, le précureur général de la CPI, Luis Moreno Ocampo, et la procureur générale adjointe, Fatou Bensouda. Étaient aussi présents des représentants des victimes et le greffe du tribunal.

Alors que vient de s’ouvrir en Côte d’Ivoire dans un climat délétère la campagne électorale pour les législatives du 11 décembre, les juges ont également déterminé une date pour l’audience de confirmation des charges, préalable à un éventuel procès contre l’ancien président : ce sera le 18 juin 2012. L’audience a duré moins d’une trentaine de minutes.

Stratégie de défense

À 12 heures 30 locales, dans le hall de la cour peu avant l’audience, Fadi El Abdallah, porte-parole et chef de l’unité des affaires publiques de la CPI répondait aux questions des journalistes. Devant l’entrée principale réservée au public, une poignée de militants pro-Gbagbo dénoncaient l’extradition de l’ancien président en donnant rendez-vous à la presse le 10 décembre, pour une grande manifestation devant la juridiction internationale. Certains arboraient des T-shirt à l’effigie de leur mentor sur laquelle figure l’expression suivante : « Encore une déportation ». À 13 heures, ils étaient finalement une cinquantaine de militants pro-Gbagbo à entrer dans la salle d’audience.

Quelle est la stratégie de défense de Laurent Gbagbo ? Selon son avocat inscrit au barreau de Paris, Me Emmanuel Altit, le détenu devait demander « à la Cour de constater l’irrégularité de son arrestation et de son transfert à La Haye et d’en tirer les conséquences ». « Quand il est parti du palais de justice de Korhogo, il croyait rentrer à sa cellule alors qu’il allait à l’aéroport de Korhogo prendre un hélicoptère, direction Abidjan, où il a pris son propre avion » pour la Haye, racontait Me Arlit vendredi dernier.

(Avec AFP et Pascal Airault)

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