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Cet article est issu du dossier «Présidentielle et législatives 2011 en RDC»

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Politique

RDC : Tshisekedi se déclare « président élu », violences à Kinshasa

Tshisekedi : "Je vous demande de rester calme pour faire face à la suite des évènements". © AFP

Annoncé deuxième à la présidentielle  avec 32,3% des voix contre 48,95% pour le président sortant Joseph Kabila, Étienne Tshisekedi a rejeté les résultats provisoires de la Ceni publiés vendredi. Il se considère comme le "président élu" de la RDC, refuse de recourir à la Cour suprême pour contester la victoire de son rival, et rejette toute violence. Mais des incidents ont éclaté à la tombée de la nuit à Kinshasa.

Mis à jour le 10/12 à 10h22.

Après la proclamation de la victoire de Joseph Kabila à l’élection présidentielle en RDC par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), l’opposant Étienne Tshisekedi a affirmé que ces résultats électoraux constituaient « une véritable provocation ». Et déclaré qu’il se considèrait comme le président « élu de la République ».

Arrivé en seconde position avec 32,3% des suffrages (5 864 775 voix) – loin derrière Joseph Kabila qui en totalise 48,95% (8 880 994 voix) – , le candidat de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Étienne Tshisekedi n’a donc pas reconnu sa « défaite » et rejeté les résultats provisoires annoncés plus tôt dans l’après-midi par la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), dans un climat de fortes suspicions de fraudes électorales.

Le Sphinx de Limete, qui avait déclaré lundi 5 décembre qu’il utiliserait des « voies pacifiques pour la résolution des contentieux électoraux », n’a pas mâché ses mots mais n’a pour l’instant lancé aucun « mot d’ordre » comme il avait menacé de le faire. « Je considère (ces résultats) comme une véritable provocation à notre peuple et je les rejette en bloc. En conséquence je me considère depuis ce jour comme le président élu de la République démocratique du Congo », a martelé Étienne Tshisekedi, qui refuse de poser un recours contre les résultats de la Ceni. « Il n’y a pas de justice chez Kabila. On parle de la Cour suprême. Cette Cour, c’est une institution privée de M. Kabila. On ne peut pas leur faire l’honneur de recourir à eux (les juges de la Cour). Ce serait leur reconnaître une certaine légitimité. Je ne le ferai jamais », a-t-il déclaré à la chaîne France 24.

La communauté internationale à la rescousse

Le leader de l’UDPS a cependant appelé à éviter de nouvelles violences en RDC. « Je demande à la communauté internationale de prendre les dispositions nécessaires pour non seulement trouver la solution à ce problème mais aussi pour éviter que le sang des Congolais puisse à nouveau couler. » Sûr de sa victoire, Tshisekedi a tenu à remercier ses supporteurs, « pour la confiance que vous m’avez toujours manifestée et je vous demande de rester calmes pour faire face à la suite des évènements quand je vous donnerai les mots d’ordres qu’il faudra. »

« Il n’y a pas deux présidents. Nous avons des PV (procès-verbaux) qui montrent clairement que je suis gagnant et de loin ! » a-t-il déclaré à l’AFP en début de soirée. Et de donner son propre score : « 54% des voix qui me sont attribuées contre 26% pour monsieur Kabila. »

L’ONU quant à elle « prend note de l’annonce par la Commission électorale nationale indépendante des résultats provisoires qui indiquent que le président Joseph Kabila a obtenu le plus de voix », et « lance un appel pour que tout différend lié aux résultats provisoires soit résolu par les voies légales et de médiation, y compris la Commission nationale de médiation », a annoncé un porte-parole de Ban Ki-moon dans un communiqué. Les Nations unies «  condamnent avec fermeté les actes de violence liés au processus électoral en RDC » et « exhortent tous les candidats et leurs partisans à faire preuve de retenue et à s’abstenir de tout acte de violence, de provocation et d’incitation à la violence », poursuit le texte.

Des incidents ont cependant déjà éclaté à la tombée de la nuit à Kinshasa, où des tirs ont été entendus dans certains quartiers, notamment dans celui de Bandale (centre). Des jeunes y ont incendié des pneus et jeté des pierres en direction de policiers armés qui ont été déployés en force dans la zone. Des tirs ont également retenti dans le quartier de Limete (est), qui abrite le siège de l’UDPS. Par eilleurs, des pillages ont été signalés dans la ville, comme à Kintembo (nord-ouest).

(Avec AFP)

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