Politique

Législatives en Côte d’Ivoire : les indépendants ont le vent en poupe

Sur un total de 1 182 candidats aux élections législatives ivoiriennes du 11 décembre, plus d’un tiers se présentent sans le soutien de partis. Essentiellement des notables locaux.  

Mis à jour le 10 décembre 2011 à 12:13

Ancien porte-parole de Gbagbo, Gervais Coulibaly (à d.), a appelé à ne pas boycotter le scrutin. © Abidjan.net par Emma

PDCI : 237 candidats. RDR : 233. UDPCI : 48… Les « indépendants » : 439. Au nombre de participants, ce sont les grands vainqueurs de ces élections législatives. Première raison : le boycottage du scrutin par le Front populaire ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo. Une vingtaine de responsables du parti, essentiellement des députés sortants, ont bravé la consigne venue d’en haut et ont même créé une coalition dénommée « Groupe des indépendants FPI » dirigée par Victor Basile Séri Déhoua, candidat à Iboguhé, en pays bété, le fief de Gbagbo.

Pour ces « indépendants FPI », l’objectif est clair : former un groupe parlementaire, soit un minimum de 10 élus. Leur stratégie est simple : surfer sur la popularité de l’ancien chef de l’État dans des circonscriptions qui ont largement voté pour ce dernier lors de la présidentielle de novembre 2010. Cependant, suite au transfèrement de Laurent Gbagbo à La Haye, ce groupe s’est fissuré. Le député Bernard Youan, membre des « Indépendants FPI » s’est retiré de la course avec plusieurs autres candidats, dénonçant au passage le « pouvoir anti-démocratique, enclin à l’exclusion » de Ouattara.

Potentats

En dehors du giron FPI, d’autres pro-Gbagbo se présentent. C’est le cas de Tia Koné, ex-président de la Cour suprême, de Blaise Siki Blon, président du conseil général de Man et d’Evariste Méambly, ex-membre de la Galaxie patriotique de Charles Blé Goudé.

Enfin, il y a les barons locaux et autres potentats qui n’ont pas obtenu l’investiture du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ou du Rassemblement des républicains (RDR), faute de place pour tout le monde. Ils sont nombreux. Exemple avec Paulin Claude Danho, maire (PDCI) d’Attécoubé, dans la commune d’Abidjan, et ex-directeur de campagne de Bédié puis de Ouattara, lors de la précédente élection présidentielle. Selon lui, les décisions de son parti prises « dans un bureau sans tenir compte de la réalité à la base », sont sans fondement. Résultat, il se présente contre le candidat officiel du PDCI, Jacob Mba Coulibaly, et celui du RDR, Brahima Coulibaly. Autre exemple de dissidence au sein du parti présidentiel, cette fois : à Adjamé, commune d’Abidjan, Abou Fané n’a rien voulu savoir. Il brigue un siège de député. Sur sa route, Mamadou Diawara, estampillé RDR.
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Par André Silver Konan, à Abidjan