Politique

Tunisie : Moncef Marzouki élu président comme prévu

| Par
Moncef Marzouki, devant l'Assemblée constituante de Tunis le 12 décembre 2011.

Moncef Marzouki, devant l'Assemblée constituante de Tunis le 12 décembre 2011. © AFP

Le dirigeant du Congrès pour la république (CPR) a été élu président lundi 12 décembre par l’Assemblée constituante tunisienne. Moncef Marzouki devra ensuite nommer un Premier ministre, qui devrait être Hamadi Jebali (Ennahdha).

C’est sans surprise que les Tunisiens ont appris le nom de leur nouveau président lundi 12 décembre. Moncef  Marzouki, le dirigeant du Congrès pour la république (CPR) a été élu lundi par l’Assemblée nationale et accède ainsi à la magistrature suprême. À 66 ans, ce farouche opposant de Ben Ali a obtenu 153 voix sur 202. Trois députés ont voté contre lui, deux se sont abstenus tandis que 44 autres ont voté blanc.

Accéder à cette fonction est « un formidable honneur », selon les mots du nouveau président qui s’est satisfait de devenir le président « de la première république arabe libre », évoquant sa fierté « de porter la plus précieuse des responsabilités, celle d’être le garant du peuple, de l’État et de la révolution ».

Costume gris, chemise blanche et dépourvu de cravate, Moncef Marzouki a arboré un style simple, comme à son habitude, à l’heure de remercier tous les députés, même ceux qui n’ont pas soutenu son élection. « Le message par lequel vous me dîtes « nous t’aurons à l’œil » est bien reçu », a-t-il lancé en direction de ses opposants.

« Ce jour est mémorable, vive la Tunisie du plus profond de mon cœur », a ajouté ce médecin de formation, farouche défenseur des droits de l’Homme, qui prend ses quartiers mardi matin au palais présidentiel de Carthage, juste avant de prêter serment sur le Coran devant la Constituante. Lors de la cérémonie de passation des pouvoirs avec le président intérimaire Fouad Mebazaa, Moncef Marzouki devra jurer d’oeuvrer à l’établissement d’un État de droit et de rester fidèle « à la mémoire des martyrs, aux sacrifices consentis par les Tunisiens au fil des générations, et aux objectifs de la révolution ».

Chef suprême des forces armées

La seconde mission du chef du CPR sera de désigner un chef de gouvernement. Hamadi Jebali, du parti Ennahdha, devrait normalement accéder à ce poste. L’équipe qu’il choisira devra par contre obtenir la confiance de l’Assemblée.

En accédant à la présidence, Moncef Marzouki a le devoir d’abandonner toute responsabilité au sein de son parti. Le prix de l’ambition pour celui qui avait annoncé vouloir accéder à la magistrature suprême trois jours après la chute de Ben Ali, le 14 janvier. Intransigeant, talentueux tribun, Moncef Marzouki devra pourtant faire face à la critique. Ses détracteurs lui reprochent de s’être « vendu » au parti islamiste.

Les opposants qui ont voté blanc fustigent surtout la volonté du parti vainqueur des élections de vouloir s’arroger tous les pouvoirs. Le Premier ministre, issu d’Ennahdha, devrait en effet jouir de prérogatives bien plus élevées que le président. Ce dernier conserve la direction des forces armées mais devra partager la politique étrangère avec le Premier ministre.

Les nominations des hauts  gradés et du Mufti (autorité religieuse), devra répondre à une concertation avec le chef du gouvernement. Le président, dont le mandat devrait durer au moins un an, jusqu’à la rédaction et l’adoption d’une Constitution définitive et la tenue d’élections générales, peut être démis de ses fonctions si deux-tiers des élus le décident.

(Avec AFP)

 

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3094_600 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€
Fermer

Je me connecte