Politique

Côte d’Ivoire : le parti de Outtara obtient la majorité absolue selon des résultats partiels

Mis à jour le 14 décembre 2011 à 09:50

La télévision publique ivoirienne a annoncé mardi 13 décembre la victoire du parti présidentiel aux élections législatives, selon ces résultats partiels. Le Rassemblement des républicains (RDR) d’Alassane Ouattara obtiendrait la majorité absolue.

Le parti du chef de l’État ivoirien s’approcherait de la majorité absolue aux législatives. C’est ce qu’à annoncé la télévision publique mardi 13 décembre, révélant des résultats partiels portant sur 228 des 255 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale. Le Rassemblement des républicains (RDR), la faction du président Ouattara, dispose pour le moment de 123 sièges selon ces résultats, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en récolte 93 tandis que les indépendants en obtiennent 17.

Avant même cette annonce, le parti du président ivoirien affichait sa confiance. « Nous avons démontré encore une fois que le RDR est une force politique incontournable », a déclaré à son secrétaire général Amadou Soumahoro. Le quotidien Le Patriote, proche d’Alassane Ouattara, titrait déjà sur la victoire de son parti : « Le RDR, grand vainqueur des législatives 2011, majorité absolue, près de 130 sièges sur 255 obtenus », était-il inscrit en Une.

La Commission électorale indépendante (CEI), qui n’avait annoncé lundi qu’une vingtaine de résultats, continuait mardi soir d’étudier les chiffres, circonscription par circonscription. Elle devrait publier les résultats complets de ces législatives dans le courant de la semaine. Si le RDR obtient en effet la majorité absolue, la situation pourrait créer quelques tensions avec le PDCI de l’ancien président Henri Konan Bédié. Les deux partis politiques, dont la coalition au second tour de la présidentielle avait permis l’élection d’Alassane Ouattara, n’ont pu s’entendre pour proposer un front uni aux législatives, pour cause de rivalités locales. Le chef de l’État devra donc choisir dans les prochains jours : honorer sa promesse de nommer un Premier ministre issu du PDCI ou reconduire Guillaume Soro dans sa fonction.

"Renforcement du pluralisme"

La coalition au pouvoir est en tout cas certaine de remporter haut la main ces élections, puisque le scrutin était boycotté par le Front populaire ivoirien (FPI) du président déchu Laurent Gbagbo, actuellement écroué à la Cour pénale internationale de La Haye.

Malgré cette absence, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), a noté que le scrutin s’était déroulé dans « des conditions acceptables de liberté, d’équité et de transparence », tandis que le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a pour sa part salué un vote « pacifique et ordonné » qui devrait « contribuer à la réconciliation ». Peu de violences ont en effet emmaillé le scrutin qui appelait 5,7 millions d’inscrits à voter, même si cinq personnes ont trouvé la mort lors de la campagne.

La participation a semble-t-il était faible, comparé au score historique de 80% de participation lors de la présidentielle. Le porte-parole en exil de M. Gbagbo, Justin Koné Katinan, a pour sa part affirmé que le taux de participation pour ces législatives – pas encore annoncé par la CEI – atteignait « à peine 20% », ce qui révèle selon lui le manque de légitimité du pouvoir.

Doudou Diène, expert indépendant nommé par l’ONU sur la situation des droits de l’Homme en Côte d’Ivoire, a pour sa part estimé que « le renforcement du pluralisme politique est un des défis du nouveau pouvoir ».

(Avec AFP)