Politique

Guinée-Bissau : fin de partie pour Bubo Na Tchuto ?

La récente « tentative de coup d’État » déjouée en Guinée-Bissau a pour toile de fond une véritable guerre de clans pour le pouvoir et le contrôle du narcotrafic dans le pays. Rivalité qui consacre la montée en puissance du chef d’état major des armées, Antonio Indjai. Après avoir mis sur la touche son prédecésseur José Zamora Induta, celui-ci neutralise désormais son ancien allié, le chef de la marine José Américo Bubo Na Tchuto. Touché coulé ?

Mis à jour le 30 décembre 2011 à 09:44

Emprisonné avec 24 autres militaires pour son implication présumée dans l’attaque du 26 décembre contre l’armée de son pays, le contre-amiral Bubo Na Tchuto, chef de la marine bissau-guinéenne, fait moins le malin. Suspecté de trafic de drogue à grande échelle par la plupart des ONG et les États-Unis qui ont gelé ses avoirs, il était revenu aux affaires en avril 2010, après une traversée du désert de deux ans. Il avait profité du fait que le chef d’état-major José Zamora Induta avait été renversé par son adjoint, le général Antonio Indjai, qui avait alors pris sa place.

Les mutins d’Indjai étaient allés chercher « Bubo » dans les locaux des Nations unies, où il s’était réfugié après être revenu clandestinement de son exil gambien. « Bubo » avait alors été blanchi des accusations de coup d’État qui pesaient sur lui depuis2008, une époque où son ennemi juré, Batista Tagmé Na Waie, était encore chef d’état-major des armées. Avant d’être lui-même tué dans le règlement de compte qui a coûté la vie au chef de l’État João Bernardo Vieira, en mars 2009.

Plaque tournante

Anciennement très proche d’Antonio Injai, « Bubo » en est donc désormais un rival déclaré, et presque éliminé à en croire sa situation actuelle. Les motifs de cette « guerre » entre factions reste obscure mais celle-ci paraît liée au contrôle du trafic de drogue – cocaïne essentiellement – dont le pays est devenu une plaque tournante régionale… avec la Gambie de Yaya Jammeh.

José Américo Bubo Na Tchuto est détenu à Mansoa (60 km au nord de la capitale). Les vingt-quatre autres militaires bissau-guinéens impliqués dans ce que le gouvernement considère comme une « tentative de coup d’état » sont quant à eux répartis entre quatre cellules dans une base aérienne à Bissau.

Il s’agit d’officiers et d’hommes de troupe, dont la plupart servaient dans la marine, selon des sources militaires qui ont précisé qu’aucun civil n’avait été arrêté. Les 25 hommes ont été présentés jeudi à la presse à Mansoa et Bissau. À ces détenus s’ajoute au moins un officier, le général Watna Na Lai, blessé et admis à l’hôpital.

(Avec AFP)